Le 3 janvier 2026, une opération militaire américaine a bouleversé le paysage politique vénézuélien. Les forces spéciales des États-Unis ont capturé Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores à Caracas, les transférant immédiatement vers New York où l’ancien président fait face à des accusations de trafic de drogue. Cette intervention, qui a coûté la vie à 23 militaires vénézuéliens et 32 membres des forces cubaines selon les bilans officiels de Caracas et La Havane, a propulsé Delcy Rodriguez, jusqu’alors vice-présidente, à la tête de l’État par intérim. Un mois plus tard, ses partisans refusent d’accepter cette nouvelle réalité.
Mobilisation massive des partisans chavistes à Caracas
Mardi 3 février, les rues de la capitale vénézuélienne se sont teintées de rouge. Des milliers de sympathisants du mouvement chaviste ont convergé vers le centre-ville pour exiger la libération de leur leader déchu. Parmi eux, de nombreux fonctionnaires et employés municipaux brandissaient des portraits de Maduro et de la Première dame. Un immense drapeau portant leurs visages et l’inscription « Bring them back« flottait au-dessus de la foule.
Des camions équipés de haut-parleurs diffusaient de la musique tandis que les manifestants scandaient des slogans réclamant le retour de leur dirigeant. Nicolas Maduro Guerra, fils de l’ancien président et député à l’Assemblée nationale, s’est joint au cortège. Il a affirmé avoir maintenu une communication indirecte avec son père, assurant disposer d’une équipe de soutien aux États-Unis. « Ces gens ne sont pas américains. Nous avons acquis une profonde conscience anti-impérialiste », a-t-il lancé à la foule.
Delcy Rodriguez face aux pressions américaines et chavistes
La présidente par intérim navigue désormais entre deux exigences contradictoires. D’un côté, Washington maintient sa pression. L’envoyée américaine Laura Dogu, arrivée à Caracas le 1er février, a présenté un plan en trois phases devant mener à « la transition vers un Venezuela amical, stable, prospère et démocratique ». De l’autre, les fidèles de Maduro attendent des gestes forts de solidarité envers leur leader emprisonné.
Delcy Rodriguez a déjà amorcé plusieurs concessions envers les États-Unis. Son gouvernement a entamé la libération de prisonniers politiques et ouvert le secteur pétrolier nationalisé aux investissements privés. Les relations diplomatiques entre les deux pays, rompues depuis 2019, ont été rétablies.
Le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, a publié un message sur Telegram évoquant les « blessures ouvertes » laissées par l’intervention américaine tout en affirmant le soutien de l’armée aux efforts de réconciliation menés par la cheffe de l’État. Une loi d’amnistie promise par Rodriguez pourrait être débattue jeudi à l’Assemblée nationale, présidée par son frère Jorge Rodriguez.
L’opposition vénézuélienne, elle, réclame l’organisation rapide d’élections. Plus de 2 000 personnes avaient été emprisonnées lors de la répression des manifestations contestant la réélection de Maduro en 2024. Des étudiants et des familles de détenus politiques ont également défilé mardi pour accélérer l’adoption de la loi d’amnistie, scandant « La liberté est dans les rues et personne ne peut l’arrêter ».
