Les relations entre Washington et Téhéran traversent une phase particulièrement explosive. Depuis les frappes américaines contre des installations nucléaires iraniennes en juin dernier, les deux puissances s’observent avec méfiance. La répression sanglante des manifestations populaires en Iran début janvier, ayant fait plusieurs milliers de morts selon les organisations de défense des droits humains, a encore envenimé la situation. Donald Trump a depuis déployé une imposante flotte navale dans la région, menaçant à plusieurs reprises de recourir à la force militaire si Téhéran refuse de négocier sur son programme nucléaire.
C’est dans ce climat de haute tension qu’un nouvel incident s’est produit ce mardi 3 février en mer d’Arabie. Un chasseur F-35C américain a intercepté et détruit un drone iranien de type Shahed-139 qui s’approchait du porte-avions à propulsion nucléaire USS Abraham Lincoln, positionné à environ 800 kilomètres des côtes sud de l’Iran.
Un drone aux « intentions floues » neutralisé en légitime défense
Selon le capitaine Tim Hawkins, porte-parole du commandement central américain (CENTCOM), l’appareil sans pilote a adopté une trajectoire jugée menaçante en direction du navire amiral. « Le drone iranien a continué à voler vers le bâtiment malgré les mesures de désescalade prises par les forces américaines opérant dans les eaux internationales », a-t-il précisé dans un communiqué. L’armée américaine a qualifié l’approche du drone d’« agressive » avec des « intentions floues », justifiant ainsi son interception pour protéger le porte-avions et les quelque 5 700 militaires présents à bord du groupe aéronaval.
Washington a confirmé qu’aucun membre d’équipage n’a été blessé et qu’aucun équipement n’a subi de dommages lors de cette opération.
Un pétrolier américain également menacé dans le détroit d’Ormuz
Quelques heures après cet incident, les Gardiens de la Révolution iraniens ont fait monter la pression d’un cran supplémentaire. Deux vedettes rapides accompagnées d’un drone Mohajer ont intercepté le pétrolier Stena Imperative, battant pavillon américain, alors qu’il transitait dans le détroit d’Ormuz. Les embarcations iraniennes ont sommé le capitaine de stopper ses moteurs et de se préparer à un arraisonnement, selon le CENTCOM.
Le destroyer lance-missiles USS McFaul, présent dans la zone, est immédiatement intervenu avec l’appui aérien de l’armée de l’air américaine, permettant au navire commercial de poursuivre sa route en sécurité. « Le harcèlement et les menaces iraniennes continues dans les eaux et l’espace aérien internationaux ne seront pas tolérés », a averti le porte-parole militaire américain.
Malgré ces frictions, des pourparlers entre les deux pays restent prévus pour vendredi, possiblement en Turquie, avec la participation de l’émissaire spécial américain Steve Witkoff. Le président iranien Massoud Pezeshkian a ordonné mardi à son ministre des Affaires étrangères de poursuivre des « négociations justes et équitables » avec Washington, premier signe d’ouverture de Téhéran depuis l’escalade des tensions.



