Alors que les relations entre Bamako et Paris demeurent au point mort depuis le départ des forces françaises en 2022, les autorités maliennes reçoivent désormais des signaux d’ouverture en provenance de Washington. Nick Checker, haut fonctionnaire au Bureau des affaires africaines du département d’État américain, a effectué une visite officielle dans la capitale malienne ce lundi 3 février 2026 pour rencontrer son homologue Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.
Cette démarche américaine intervient au moment où le Mali, membre de la Confédération des États du Sahel aux côtés du Burkina Faso et du Niger, a opéré un virage stratégique majeur en diversifiant ses partenariats internationaux.
Sécurité et économie au cœur des discussions
L’émissaire américain a transmis un message clair : Washington souhaite repartir sur de nouvelles bases avec Bamako. Lors de leurs échanges, les deux parties ont évoqué un renforcement de la coopération dans deux domaines prioritaires. La lutte contre les groupes armés, dont l’expansion inquiète les autorités américaines, figure en tête des préoccupations. Le volet économique, notamment les opportunités d’investissement et le développement des échanges commerciaux, a également été abordé.
Le diplomate américain a insisté sur « le respect de la souveraineté du Mali » et la volonté de son pays de « corriger les erreurs politiques commises » par le passé, selon le communiqué du Bureau des affaires africaines.
Une tournée sahélienne sous le signe du dialogue
De son côté, le chef de la diplomatie malienne a salué cette nouvelle approche qu’il qualifie de « constructive et pragmatique ». Abdoulaye Diop a toutefois rappelé l’importance de prendre en compte les mutations géopolitiques en cours dans la région, notamment la dynamique d’intégration portée par la Confédération des États du Sahel.
Le président de la transition, le général Assimi Goïta, devait également s’entretenir avec Nick Checker ce lundi. L’émissaire américain poursuivra ensuite sa tournée au Burkina Faso et au Niger, témoignant d’une volonté américaine de renouer le dialogue avec l’ensemble des pays de l’Alliance des États du Sahel.



