Dmitri Medvedev brandit la menace nucléaire. Répondant à une question du média RT, le numéro deux du Conseil de sécurité russe affirme que tout transfert d’armes atomiques à l’Ukraine déclencherait une réplique nucléaire russe contre les nations fournisseurs.
Sur les réseaux, Medvedev durcit encore le ton. Le personnage clé du Kremlin assène : « Je vais être direct et dire l’évidence. Les informations du Service russe de renseignement extérieur selon lesquelles la France et la Grande-Bretagne ont l’intention de remettre des capacités nucléaires au régime nazi à Kiev changent complètement la donne. »
C’est du SVR que provient l’accusation, ce mardi 24 février 2026. Le Service de renseignement extérieur russe (SVR) a affirmé que la France et le Royaume‑Uni prépareraient un appui nucléaire à l’Ukraine, envisagé comme un transfert direct de capacités nucléaires pour renforcer la position de Kiev dans le conflit, ce qui, selon le SVR, impliquerait des « plans actifs de fournir des composants, des équipements et des technologies nucléaires » et même l’usage possible d’une ogive comme la « TN‑75 » française depuis un missile balistique. Aucune source indépendante n’a confirmé ces allégations à ce stade, et Paris et Londres n’ont pas reconnu de tels projets. Une allégation formulée au moment où la guerre entre dans sa cinquième année.
Medvedev franchit un palier rhétorique supplémentaire. Il écarte d’un revers les violations du droit international, du Traité de non-prolifération nucléaire. Ce n’est pas l’enjeu, dit-il. Il y a pire : « un transfert direct d’armes nucléaires à un pays belligérant ».
Moscou promet une riposte sévère
La suite dévisse. Medvedev promet une escalade sans précédent : « Il ne devrait y avoir absolument aucun doute que dans un tel scénario, la Russie serait contrainte d’utiliser tous les moyens à sa disposition, y compris des armes nucléaires non stratégiques, contre des cibles en Ukraine qui menacent notre pays. Et si nécessaire, contre les nations fournisseurs désormais impliquées dans un conflit nucléaire avec la Russie. »
Les armes nucléaires « non stratégiques » restent moins puissantes que l’arsenal stratégique, mais demeurent atomiques. La Russie possède environ 2 000 têtes nucléaires tactiques de ce type, selon les estimations occidentales.
Medvedev conclut sur une formule : « C’est le type de réponse symétrique auquel la Fédération de Russie serait en droit de recourir. » Ni déclaration officielle de politique d’État, ni menace isolée d’un troll : une prise de position du vice-président du Conseil de sécurité.
L’escalade verbale s’accélère
La France et la Grande-Bretagne n’ont pas réagi publiquement à ces allégations. Leur silence contraste avec la virulence des déclarations russes. D’autres figures du Kremlin ont repris le thème : le président de la Douma russe a affirmé que ces plans pourraient mener à une guerre nucléaire mondiale.
La guerre entre la Russie et l’Ukraine entre dans sa cinquième année, les combats et l’assistance militaire extérieure se poursuivant sans pause. Les autorités ukrainiennes et plusieurs dirigeants européens ont prononcé des discours à Kiev pour marquer le quatrième anniversaire du conflit, avec des messages fermes de soutien politique et militaire. Le président ukrainien a déclaré que Vladimir Poutine « n’a pas brisé les Ukrainiens et n’a pas gagné cette guerre ». De leur côté, certains responsables russes ont indiqué que leur opération continue parce que « les objectifs n’ont pas encore été atteints », confirmant l’absence de fin immédiate aux hostilités.
Aucune annonce occidentale ne corrobore les accusations russes. Reste une question d’interprétation : faut-il lire ces menaces comme l’expression d’une ligne rouge réelle, ou comme un outil de dissuasion rhétorique ? À titre constitutionnel, aucune des deux capitales européennes n’a fourni d’élément de réponse à ce stade.

