L’expiration du traité New START le 5 février 2026 marque un tournant majeur dans le contrôle des armements nucléaires mondiaux. Conclu en 2010 entre les États‑Unis et la Russie, cet accord limitait le nombre d’ogives nucléaires déployées et prévoyait des mécanismes de vérification mutuelle pour garantir le respect des engagements. Cette disparition marque la fin d’une architecture de contrôle des armements nucléaires construite au lendemain de la Guerre froide. Elle ouvre désormais la voie à une reconfiguration majeure des équilibres nucléaires mondiaux.
Face à cette nouvelle donne géopolitique, Washington adopte une posture que l’administration Trump qualifie de défensive. Les États-Unis annoncent qu’ils reprendront les essais nucléaires, mettant fin à trois décennies d’interruption de ces expériences. Cette décision ne relève pas d’une escalade unilatérale, assurent les responsables américains : elle répond plutôt aux démarches similaires qu’entreprennent Moscou et Pékin.
La Maison-Blanche justifie sa rupture avec le moratoire nucléaire
L’administration américaine encadre sa reprise des essais par une logique de symétrie. Selon ses responsables, les États-Unis refuseraient désormais de tolérer un déséquilibre en leur défaveur face aux initiatives nucléaires de la Russie et de la Chine. Christopher Yeaw, secrétaire adjoint du département d’État chargé du contrôle des armes, a défendu mardi, cette position en soulignant que la décision répondrait aux standards fixés par ces deux puissances rivales.
Cependant, les autorités américaines tiennent à clarifier la portée de cette réorientation. Elles excluent un retour aux campagnes d’essais massifs et destructeurs menées dans les années 1950, période au cours de laquelle les explosions nucléaires atmosphériques s’étaient multipliées avec des rendements considérables. L’exemple d’Ivy Mike, qui avait produit une explosion de plusieurs mégatonnes, symbolise précisément le type de programme dont les États-Unis prétendent ne pas vouloir reproduire. Le calendrier exact de la reprise des essais reste flou. Selon Christopher Yeaw, Donald Trump garderait la main sur le moment du lancement de ces opérations, sans avoir jusqu’à présent fixé de date précise.
Washington redéfinit la trajectoire des essais nucléaires à l’ère post-traité
La stratégie nucléaire américaine entre ainsi dans une phase nouvelle, marquée par l’absence de cadre contraignant avec la Russie et l’introduction implicite de la Chine dans les calculs d’équilibre stratégique. Plutôt que de poursuivre une retenue unilatérale, Washington réaffirme son droit à moderniser et valider sa capacité de dissuasion par des moyens directs.



