Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a annoncé ce mardi 17 février 2026 la validation d’un document de travail commun avec les émissaires américains. Réunies à Genève, les deux délégations ont défini un « ensemble de principes directeurs » censé orienter les négociations futures, sans pour autant signer de traité définitif à ce stade. Cette étape technique, bien que préliminaire, pourrait servir de socle à la rédaction d’un texte officiel visant à désamorcer la crise nucléaire et sécuritaire qui fragilise la région. Téhéran a toutefois précisé que les points les plus complexes restent à trancher avant d’espérer une résolution complète.
Un protocole méthodologique sous médiation d’Oman
L’atmosphère des échanges en terre helvétique semble avoir marqué une rupture avec l’immobilisme des mois précédents. Abbas Araghchi a souligné que la qualité des interactions surpassait nettement les résultats des sessions tenues début février sous l’égide du sultanat d’Oman. Cette avancée ne constitue pas un pacte de non-agression ou un retour immédiat à l’accord de 2015, mais elle établit une grammaire commune pour les experts. L’objectif est désormais de transformer ces orientations générales en clauses juridiques vérifiables, un processus qui s’annonce long et sujet à de multiples blocages techniques.
Le paysage géopolitique actuel impose une prudence extrême quant à la portée de cette annonce. Depuis la déliquescence des précédents cadres diplomatiques, la République islamique a maintenu un niveau élevé d’enrichissement d’uranium, provoquant l’inquiétude des instances de contrôle internationales. En parallèle, l’année 2025 a été marquée par un renforcement significatif des capacités militaires américaines dans le Golfe, créant un climat de dissuasion armée. Ces tensions permanentes, doublées d’une situation économique locale asphyxiée par les sanctions, poussent les acteurs vers une table de négociation où le moindre malentendu peut provoquer une rupture du dialogue.
Les obstacles majeurs à une levée des sanctions économiques
La réussite de cette nouvelle phase diplomatique dépendra de la capacité des deux camps à synchroniser leurs engagements. Pour l’Iran, aucun recul sur ses capacités nucléaires ne sera pérennisé sans un accès garanti au système financier international et une reprise des exportations pétrolières. Côté américain, l’administration exige des garanties de transparence et un gel vérifiable des activités sensibles avant d’envisager le moindre allègement du dispositif coercitif. Ce document de principes tente de jeter les bases d’un calendrier où chaque geste d’une partie serait immédiatement suivi d’une contrepartie de l’autre, afin de restaurer une confiance quasi inexistante.
Malgré l’optimisme relatif affiché par la diplomatie iranienne, les obstacles politiques restent immenses à Washington. Les courants conservateurs des deux pays surveillent étroitement ces discussions, craignant une remise en cause de leurs intérêts stratégiques ou de leur souveraineté. Si une fenêtre d’opportunité semble s’être entrouverte, elle ne garantit en rien l’aboutissement du processus. Les semaines à venir seront décisives : les diplomates devront prouver que ces principes ne sont pas qu’une simple déclaration d’intention, mais le point de départ d’une désescalade concrète dans un dossier qui a épuisé de nombreuses tentatives de médiation par le passé.
