Dans un pays comme le Nigéria, l’un des principaux producteurs de pétrole du continent africain, les raffineries constituent un maillon essentiel de l’économie nationale. Elles permettent de transformer le pétrole brut en carburants et produits dérivés nécessaires aux ménages, aux transports et aux activités industrielles. Leur fonctionnement conditionne aussi la capacité du pays à limiter les importations de produits pétroliers, à stabiliser les prix sur le marché intérieur et à mieux valoriser ses propres ressources. Lorsque ces installations sont à l’arrêt ou fonctionnent en dessous de leurs capacités, c’est toute la chaîne énergétique qui se trouve fragilisée, malgré l’abondance de pétrole brut disponible.
Le Nigéria face à l’impasse du raffinage public
Depuis plusieurs années, le secteur public du raffinage nigérian est confronté à des difficultés persistantes. Les raffineries appartenant à l’État, construites pour assurer une autonomie énergétique minimale, sont aujourd’hui vieillissantes et peinent à remplir leur rôle. Les arrêts répétés, les performances techniques insuffisantes et les coûts d’exploitation élevés ont progressivement réduit leur contribution à l’approvisionnement du marché local.
Cette situation a eu des conséquences directes pour l’économie nationale. Le pays exporte du pétrole brut mais continue d’importer une grande partie de ses carburants raffinés, exposant les finances publiques aux fluctuations des marchés internationaux et aux tensions sur les devises. Pour les autorités nigérianes, la remise en état des raffineries publiques apparaît donc comme une priorité afin de réduire cette dépendance et de redonner un souffle à un secteur jugé vital.
C’est dans ce cadre que la Nigerian National Petroleum Company a récemment fait savoir qu’elle envisageait une coopération avec un partenaire étranger disposant d’une expertise reconnue dans le domaine du raffinage. L’objectif affiché est clair : trouver une solution opérationnelle capable de redonner de la valeur à des infrastructures qui n’ont pas produit les résultats attendus depuis longtemps.
La Chine comme partenaire envisagé pour relancer les raffineries
Parmi les options étudiées, la piste chinoise retient particulièrement l’attention. Selon les informations communiquées par la NNPC, une entreprise chinoise pourrait être associée au processus de réhabilitation des raffineries publiques. Cette démarche repose sur la recherche d’un partenaire technique disposant de l’expérience nécessaire pour intervenir sur des installations anciennes et complexes.
La Chine est déjà présente dans plusieurs projets énergétiques et industriels en Afrique, y compris au Nigéria, notamment à travers des investissements dans les infrastructures. Pour Abuja, l’intérêt réside dans la capacité de ces entreprises à mener des travaux de modernisation, à améliorer les performances techniques et à proposer des solutions jugées plus durables que les tentatives précédentes.
La NNPC n’a pas détaillé les modalités exactes de cette éventuelle collaboration, ni les raffineries concernées en priorité. Les discussions portent toutefois sur une évaluation approfondie de l’état des installations et sur les conditions nécessaires pour les remettre en service de manière viable. Les autorités nigérianes cherchent ainsi à rompre avec une série de projets coûteux qui n’ont pas permis, jusqu’ici, de relancer durablement le raffinage public.
Un enjeu économique et énergétique immédiat
Au-delà des aspects techniques, cette démarche répond à des enjeux concrets et immédiats. La relance des raffineries publiques pourrait contribuer à réduire la facture des importations de carburants, à renforcer la sécurité d’approvisionnement et à soutenir l’activité économique locale. Elle permettrait également de mieux exploiter les ressources pétrolières nationales, en limitant la situation paradoxale d’un pays riche en pétrole mais dépendant de l’extérieur pour ses produits raffinés.



