Les relations entre le Rwanda et la République démocratique du Congo traversent une période de fortes turbulences. Kinshasa accuse Kigali de soutenir le mouvement rebelle M23, actif dans l’est congolais depuis novembre 2021. Des rapports de l’ONU pointent du doigt un appui militaire et logistique rwandais aux insurgés, accusations fermement démenties par les autorités de Kigali. La prise récente de Goma par le M23 a provoqué le déplacement de millions de civils et exacerbé les tensions diplomatiques entre les deux pays voisins. Face à cette crise, la communauté internationale brandit la menace de sanctions contre le Rwanda.
Paul Kagame dénonce le deux poids deux mesures de la communauté internationale
Lors de l’ouverture du Dialogue national Umushyikirano ce jeudi 5 février 2026 au Kigali Convention Center, le président rwandais Paul Kagame n’a pas mâché ses mots. Dans une allocution remarquée, il a vertement critiqué l’attitude de la communauté internationale qu’il accuse de favoriser le président congolais Félix Tshisekedi. Comme l’a rapporté RFI, le dirigeant rwandais estime que son homologue congolais bénéficie d’une impunité totale malgré ses provocations.
Selon Kagame, Tshisekedi multiplie les insultes et les menaces sans jamais être rappelé à l’ordre par les acteurs internationaux. Au contraire, ceux-ci se tournent systématiquement vers Kigali pour réclamer des concessions. Cette approche, déplore le président rwandais, encourage la partie congolaise à persister dans une posture conflictuelle plutôt qu’à rechercher des solutions diplomatiques.
Le chef de l’État rwandais rejette catégoriquement l’accusation selon laquelle son pays chercherait à s’accaparer les minerais congolais. Il dénonce également la présence sur le sol congolais d’anciens responsables du génocide rwandais de 1994, sujet particulièrement sensible pour Kigali.
Le Rwanda refuse de céder aux pressions occidentales sur la crise du Kivu
La fermeté du discours de Paul Kagame atteint son paroxysme lorsqu’il aborde directement les menaces de sanctions brandies par certains pays occidentaux. Le président rwandais déclare se sentir « étouffé » par le flot quotidien d’ultimatums et de conditionnalités imposés à son pays. Plutôt que de plier sous cette pression, il affirme préférer défier ouvertement ces menaces.
Dans une formulation particulièrement crue, Kagame invite ceux qui le menacent à « aller en enfer », illustrant son refus catégorique de céder au chantage diplomatique. Cette posture de défi intervient alors que plusieurs chancelleries occidentales envisagent des mesures punitives contre Kigali en raison de son rôle présumé dans la déstabilisation de l’est congolais.
Le Dialogue national Umushyikirano, qui se déroule sur deux jours et réunit représentants gouvernementaux, organisations de la société civile et citoyens, constitue un forum privilégié pour le président rwandais. Cette vingtième édition lui offre une tribune pour exposer sa vision du conflit régional et justifier la position de son gouvernement face aux pressions internationales croissantes. Le ton employé témoigne d’une radicalisation du discours rwandais et annonce probablement une période de tensions diplomatiques accrues avec les partenaires occidentaux du Rwanda.
