Semaine mondiale de l’harmonie interconfessionnelle : Promouvoir l'idéal et les responsabilités religieux

Chaque première semaine de février, depuis 2011, la communauté internationale marque la Semaine mondiale de l’harmonie interconfessionnelle, une initiative portée aux Nations Unies pour promouvoir la compréhension mutuelle et le dialogue entre les religions comme piliers d’une culture de paix. À travers cette reconnaissance officielle, l’Assemblée générale rappelle que la paix mondiale ne se construit pas uniquement par la diplomatie politique ou sécuritaire, mais aussi par le rapprochement des croyances, des valeurs et des communautés humaines.

Dans son principe, cette Semaine se veut un espace de diffusion de messages relatifs à l’harmonie entre les personnes, indépendamment de leur foi. Les États sont encouragés à soutenir, sur une base volontaire, des actions dans les églises, mosquées, synagogues, temples et autres lieux de culte, afin de promouvoir la bonne volonté et la coopération entre les peuples. L’idée centrale repose sur une évidence souvent négligée : les religions, fréquemment perçues à travers le prisme des tensions qu’elles peuvent susciter, sont aussi des réservoirs puissants de valeurs de paix, de solidarité et de justice.

Les initiatives organisées au fil des années montrent que le dialogue interconfessionnel dépasse le seul cadre théologique. À Genève, par exemple, des rencontres entre diplomates et responsables religieux abordent les liens entre foi, politique et diplomatie, soulignant que la religion peut aussi être un outil de médiation et de développement social. D’autres éditions ont mis en lumière le rôle des diasporas, la réconciliation inspirée par la mémoire de Nelson Mandela, la coopération interreligieuse lors de catastrophes naturelles, ou encore la mobilisation face aux urgences sanitaires comme Ebola et la Covid-19. Autant de contextes où la foi s’exprime non pas comme facteur de division, mais comme levier d’engagement collectif.

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Cependant, entre ce que la religion est et ce qu’elle devrait être, l’écart reste réel. Trop souvent, l’harmonie interconfessionnelle demeure cantonnée à des événements symboliques, à des déclarations d’intention ou à des rencontres de haut niveau, sans toujours produire d’effets tangibles au niveau local, là où les tensions identitaires et religieuses se vivent au quotidien. Or, la paix durable se construit dans les quartiers, les écoles, les familles, à travers l’éducation au respect de la diversité et la lutte contre les discours de haine.

Si la religion peut être instrumentalisée à des fins politiques ou extrémistes, elle peut tout autant devenir un langage universel de réconciliation. La Semaine mondiale de l’harmonie interconfessionnelle rappelle la responsabilité partagée de faire de la foi non pas une frontière, mais un pont au service de la paix.

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