Sénégal : Transmission volontaire du VIH, action judiciaire sur un problème de santé publique

Deux procédures différentes retiennent actuellement l’attention au Sénégal. Elles ont en commun une qualification pénale lourde : la transmission volontaire du VIH. Les arrestations annoncées ces derniers jours concernent des affaires séparées, même si l’opinion publique tend à les associer. Dans les deux cas, la justice examine des accusations graves mêlant atteintes sexuelles et mise en danger sanitaire.

Réseau transnational et poursuites pour transmission volontaire du VIH

La Police nationale du Sénégal, à travers la Division des investigations criminelles (DIC), annonce le démantèlement d’un réseau présenté comme actif entre le Sénégal et la France depuis plusieurs années. Quatorze personnes sont arrêtées puis déférées à Dakar pour plusieurs chefs d’accusation : viols sur mineurs de moins de 15 ans, actes contre nature et transmission volontaire du VIH. Les poursuites reposent sur l’allégation que certaines personnes auraient sciemment exposé ou contaminé des victimes.

Ce dossier donne lieu à une forte mobilisation citoyenne. Une marche pacifique est annoncée avec un itinéraire du rond-point Liberté 5 au rond-point Jet d’Eau pour dénoncer notamment la pédocriminalité et la transmission volontaire du VIH.

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Procédure distincte impliquant des célébrités

Parallèlement, une autre procédure vise l’animateur Pape Cheikh Diallo ainsi que plusieurs autres personnes, dont le chanteur Djiby Dramé. Dans cette affaire distincte, douze individus ont été interpellés puis placés sous mandat de dépôt.

Les deux dossiers ne relèvent pas du même groupe d’accusés, même si certaines qualifications pénales se recoupent. Les autorités judiciaires traitent ces procédures séparément.

Enjeu de santé publique au Sénégal

Au-delà des poursuites pénales, la question de la transmission volontaire du VIH suscite de vives réactions. Le ministère concerné rappelle que la lutte contre le VIH repose sur la prévention, le dépistage et l’accès continu aux traitements. Les autorités sanitaires invitent à éviter toute stigmatisation.

Des enfants et adolescents vivent avec le VIH et suivent des traitements indispensables rappelle le ministère. Les amalgames ou discours généralisants peuvent dès lors fragiliser les efforts de santé publique et dissuader certaines personnes de se faire dépister ou soigner.

Ces deux affaires placent simultanément la protection des mineurs, la responsabilité pénale et la gestion sanitaire du VIH au cœur du débat national.

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