Suspension des réseaux sociaux au Gabon : TikTok passe à l'offensive pour rouvrir la plateforme

TikTok contre-attaque après la suspension des réseaux sociaux au Gabon. Une délégation de la plateforme foncerait vers Libreville pour négocier directement son retour sur le marché.

Selon des informations de l’Agence gabonaise de presse (AGP), le 18 février, Nshingu Kazadi, directeur des Politiques publiques et des Relations institutionnelles de TikTok pour l’Afrique francophone, a adressé une lettre au président de la Haute Autorité de la communication (HAC), Germain Ngoyo Moussavou. Johannesburg, son siège, n’a pas freiné la réaction.

La veille, le 17 février, la HAC suspendait jusqu’à nouvel ordre l’accès aux réseaux sociaux sur le territoire. 2,5 millions de Gabonais perdaient brutalement accès à Facebook, WhatsApp, YouTube, Instagram, X et TikTok. Selon cette institution, cette mesure vise à empêcher la diffusion de contenus jugés diffamatoires, haineux, faux ou susceptibles de menacer la cohésion sociale, la sécurité nationale et la stabilité des institutions. Les autorités ont également évoqué des problèmes comme le cyberharcèlement et la diffusion non autorisée de données personnelles sur ces plateformes.

TikTok ne conteste pas le diagnostic. La lettre affiche une posture docile : « La plateforme prend acte de cette décision et comprend les préoccupations soulevées. » Mais derrière cette rhétorique lisse se cache une stratégie offensive.

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Les outils de TikTok sur la table

Le cœur de la négociation : intégrer la HAC dans le système de modération interne de TikTok, le « TikTok Safety Enforcement Tool » (TSET). Pas une novation technologique, mais un court-circuit du processus classique : les autorités gabonaises enverront directement les URL de contenus jugés dangereux et une liste de mots-clés sensibles. La plateforme supprimera ou dégradera le contenu en temps réel.

TikTok joue sur deux tableaux simultanément. D’un côté : « La liberté d’expression, bien que garantie, ne peut s’exercer en violation des lois nationales et internationales. » De l’autre : une promesse d’allègement bureaucratique pour la HAC. Moins d’échanges de mails, plus de réactivité.

Une délégation en route vers Libreville

L’Agence gabonaise de presse annonce que des représentants de TikTok se préparent à débarquer prochainement. Libreville n’a jamais vu pareil empressement dans les heures suivant une interdiction. Aucune date confirmée. Aucun nom de négociateur désigné.

La majorité du personnel politique gabonais dénonce une « régression grave des libertés publiques ». Le silence du parti présidentiel reste assourdissant. Sur ce terrain, TikTok joue sa survie commerciale face à l’administration nationale.

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