Le chef de la diplomatie françaiseJean-Noël Barrot a effectué, jeudi 5 février, une visite officielle à Damas, la capitale syrienne, dans une situation sécuritaire particulièrement tendue au Moyen-Orient. En se rendant pour la deuxième fois en Syrie depuis le renversement de Bachar al-Assad, le ministre a placé la menace terroriste au cœur de son déplacement, rappelant le lien direct entre l’instabilité dans cette partie du monde et la protection des citoyens français.
« La lutte contre le terrorisme islamiste est l’objet principal de mon déplacement en Syrie et en Irak. Je suis venu en mission anti-Daech car la sécurité des Français et des Françaises se joue aussi ici », a-t-il déclaré à l’issue de ses entretiens. Ce déplacement, qui l’a ensuite conduit à Bagdad puis à Erbil, intervient à quelques jours d’un sommet de la coalition internationale contre l’organisation État islamique prévu lundi à Riyad, en Arabie saoudite.
Un dispositif antiterroriste à reconstruire dans le nord-est syrien
Les récentes semaines ont profondément bouleversé l’architecture sécuritaire dans cette zone stratégique. Les Forces démocratiques syriennes (FDS), composante à dominante kurde qui constituait le pilier de la lutte contre l’EI depuis sa défaite territoriale en 2019, ont dû céder le contrôle de plusieurs prisons et camps de détention sous la pression militaire des nouvelles autorités de Damas. Washington a entrepris de transférer vers l’Irak jusqu’à 7 000 combattants de l’organisation terroriste jusque-là détenus dans les geôles du nord-est syrien, par crainte de failles sécuritaires. Le camp d’Al-Hol, qui accueille plus de 23 000 personnes — essentiellement des femmes et des enfants liés à des combattants de l’EI — a connu une période qualifiée de « volatile » par les Nations unies après le retrait kurde, tandis que l’Union européenne s’est dite « extrêmement préoccupée » par de possibles évasions de combattants terroristes.
Le ministère syrien de l’Intérieur a lui-même reconnu l’évasion de 120 membres de l’EI de la prison de Chaddadi, dont 81 ont pu être arrêtés. Une source diplomatique française, citée par France 24, a insisté sur le fait qu’« il y a toute une architecture contre-terroriste qui est à réinventer dans le nord-est syrien ».
Paris entre médiation pour les Kurdes et urgence sécuritaire régionale
Au-delà de la dimension antiterroriste, Jean-Noël Barrot a rappelé le rôle actif de la France dans la résolution des tensions entre Damas et les forces kurdes. Le ministre a mis en avant « l’implication personnelle » du président Emmanuel Macron pour aboutir à l’accord du 29 janvier, qui prévoit l’intégration des forces et institutions kurdes au sein de l’appareil étatique syrien. « La France se tient et se tiendra toujours aux côtés du peuple kurde pour qu’il soit respecté dans ses droits », a-t-il affirmé, soulignant que la question kurde et celle du terrorisme sont étroitement imbriquées, puisque les combattants kurdes ont assuré pendant des années la garde des prisonniers de l’EI.
Sur son compte X, le chef du Quai d’Orsay a placé son déplacement dans une perspective historique marquante : « C’est depuis la Syrie de Bachar al-Assad, il y a dix ans, qu’ont été fomentés les attentats du Bataclan qui ont ensanglanté notre pays. » Un rappel qui illustre, selon la diplomatie française, combien la stabilisation de ce pays du Levant demeure indissociable de la sécurité nationale française et européenne. La tournée du ministre s’est poursuivie en Irak, où Bagdad accueille désormais des milliers de détenus transférés depuis les prisons syriennes, puis au Liban, dans un contexte marqué par la menace persistante d’une escalade entre Washington et Téhéran.

« Je suis venu en mission anti-Daech car la sécurité des Français et des Françaises se joue aussi ici »
Un bouffon en mission … vas-y jeanno, sors-nous ta cape et ton épée !