USA - Russie : Obama avertit d'une crise à venir dans le secteur nucléaire

Le traité New START arrive à son terme le 5 février 2026, soit cette semaine. Depuis 2010, cet accord limitait les arsenaux nucléaires des deux superpuissances à 1 550 ogives déployées chacune et imposait un système rigoureux de vérification mutuelle comprenant des inspections sur site et des échanges de données réguliers. Pour la première fois en cinq décennies, les États-Unis et la Russie se retrouveront sans aucun cadre juridiquement contraignant régissant leurs armes nucléaires stratégiques, ces missiles d’une portée dépassant les 5 000 kilomètres capables de traverser les continents. Cette échéance survient alors que les tensions géopolitiques entre Washington et Moscou sont vives, alimentées par la guerre en Ukraine et une rivalité nucléaire sous-jacente, rendant la situation préoccupante aux yeux de l’ancien président Barack Obama.

Barack Obama mobilise le Congrès face au spectre d’une course aux armements

L’ancien président américain Barack Obama a décidé de rompre le silence en relayant un article du New York Times sur le réseau social X pour alerter sur les conséquences potentielles de cette expiration. Il appelle le Congrès à agir avant l’expiration du traité, avertissant que son terme pourrait déclencher une nouvelle course aux armements nucléaires menaçant la sécurité mondiale. Son message rappelle que cet accord représente l’aboutissement d’une collaboration d’un demi-siècle entre les deux plus grandes puissances nucléaires.

L’intervention d’Obama revêt une importance particulière car elle constitue l’une des tentatives les plus visibles de sensibiliser l’opinion à ce que signifie la fin du traité pour la sécurité mondiale. Pourtant, cet appel contraste avec l’inaction des autorités actuelles. L’administration Trump peine à dire quoi que ce soit sur l’expiration imminente du traité, et aucun législateur du Congrès n’a évoqué sa fin cette année, malgré les enjeux colossaux pour la stabilité mondiale.

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Les deux puissances libres de réarmer sans limite légale

L’effondrement imminent du cadre New START ouvre une période inédite et potentiellement dangereuse. À partir du 6 février 2026, les États-Unis et la Russie seront légalement libres de remplir leurs arsenaux nucléaires avec autant de nouvelles ogives qu’ils le souhaitent. Les deux pays disposent d’importantes réserves d’armes stockées qu’ils pourraient rapidement réactiver. La Russie possède jusqu’à 2 600 ogives nucléaires en stock et pourrait rapidement augmenter le nombre de ses armes nucléaires déployées à partir du 6 février 2026.

Le traité signé en 2010 représentait bien plus qu’un simple accord numérique. Il instaurait un système de transparence et de surveillance sans précédent lors de la guerre froide. Depuis 2010, New START plafonnait les ogives déployées, limitait missiles et lanceurs, et surtout imposait un mécanisme continu de transparence : inspections sur site, échanges de données, notifications quasi quotidiennes. Les inspections ont été suspendues en 2023 après que la Russie ait arrêté sa participation en réaction au soutien américain à l’Ukraine, et les deux pays s’appuient maintenant sur des évaluations du renseignement plutôt que sur une vérification directe.

L’absence de régulation bilatérale crée des répercussions bien au-delà de la relation sino-américaine. L’article de New York Times relayé par Obama explique que la Chine constitue un élément perturbateur du jeu nucléaire global. Le président américain a les yeux tournés vers la Chine, qui développe à vitesse grand V son arsenal nucléaire, l’idée étant de signer avec Pékin un traité similaire à New START, mais les Chinois refusent de s’engager dans une telle discussion avec Washington. L’appel d’Obama souligne l’existence d’une fenêtre pour prévenir l’effondrement des accords de contrôle des armements nucléaires ayant aidé à prévenir un conflit catastrophique pendant cinq décennies.

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