USA : une marocaine expulsée vers le Cameroun malgré une ordonnance de protection

Un juge américain avait interdit son expulsion. L’ICE l’a quand même embarquée. Une jeune marocaine de 21 ans, homosexuelle, a été transférée par la police de l’immigration américaine vers le Cameroun, un pays qu’elle ne connaissait pas et où l’homosexualité est un délit.

À trois jours de son audience de libération aux USA, des agents de l’ICE ont menotté la jeune femme et l’ont placée dans un avion. Destination : Yaoundé. La jeune Marocaine de 21 ans détenait pourtant une ordonnance signée par un juge de l’immigration américain, qui interdisait formellement son renvoi vers le Maroc. L’administration Trump a contourné cette protection en l’expulsant vers un pays tiers.

Une pratique qui touche des dizaines de personnes

Le cas de la marocaine n’est pas isolé. Depuis janvier 2025, des dizaines de migrants bénéficiant d’ordonnances de protection ont été expulsés selon le même schéma. Le centre de rétention de Yaoundé accueille actuellement quinze d’entre eux. Au Cameroun, l’homosexualité est passible de six mois à cinq ans de prison, en vertu de l’article 347 bis du Code pénal. Amnesty International et Human Rights Watch ont appelé à l’abrogation de ce texte. Il reste applicable.

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Un an de détention avant l’expulsion

Arrivée aux États-Unis début 2025 après avoir traversé six pays avec sa compagne, la jeune marocaine avait fui son pays en raison de violences familiales et de la criminalisation de l’homosexualité. Elle y avait été battue, chassée du domicile familial et menacée de mort. Aux États-Unis, elle a été placée en détention pendant près d’un an, d’abord en Arizona, puis en Louisiane. Sa demande d’asile a été rejetée, tout comme celle de sa compagne. Elle a néanmoins obtenu une ordonnance de protection individuelle — que l’ICE a ignorée. À Yaoundé, les autorités locales lui ont proposé de rester au Cameroun ou de rentrer au Maroc. Elle a choisi le Maroc. Mais les menaces de sa famille n’ont pas disparu. Elle vit aujourd’hui cachée. Son dossier juridique aux États-Unis reste en suspens.

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