Alors que le sablier de la Vision 2025 s’ est écoulé, le Bénin tourne officiellement une page de son histoire ce mardi 3 février 2026. Sous l’égide du président Patrice Talon, le pays lance sa nouvelle boussole stratégique : la Vision Bénin 2060 Alafia. Entre promesses de grandeur pour le centenaire de l’indépendance et le contexte politique national, ce nouveau cap interroge autant qu’il ambitionne. Il y a deux décennies, le Bénin se rêvait en « pays phare, bien gouverné et à économie prospère » à l’horizon 2025. Aujourd’hui, l’heure est à l’inventaire. Le bilan de la Vision 2025 Alafia est, de l’aveu même des experts, « mi-figue, mi-raisin ». Si les réformes structurelles du régime de la Rupture ont doté le pays d’infrastructures modernes et d’une gestion publique plus rigoureuse, l’évolution des indicateurs sociaux s’inscrit dans un processus de plus long terme. Le taux de croissance, espéré à 12,4 %, a stagné autour de 6,3 %, dans un contexte où la pauvreté demeure une réalité pour une part significative de la population, estimée à plus d’un tiers. C’est dans ce sillage doux-amer que naît Bénin 2060 Alafia, sous-titrée « Un monde de splendeurs ». Le choix de 2060 n’est pas anodin : il marque le centenaire de l’accès à la souveraineté internationale, une date symbolique pour projeter une transformation radicale sur 35 ans.
Les piliers d’un « Monde de Splendeurs »
La Vision 2060 ne se veut pas une simple prolongation de la précédente. Elle s’articule autour de cinq piliers stratégiques visant à faire du Bénin une nation moderne et compétitive. Il s’agit de la Gouvernance et l’État de droit, l’Unité nationale et la paix une Économie prospère et résiliente, le Rayonnement culturel et international et enfin le Bien-être social et l’inclusion Cette vision repose sur une approche prospective qui intègre les défis climatiques, la révolution numérique et l’explosion démographique. L’objectif est de passer d’une économie de subsistance à une économie de valeur ajoutée, où le « Made in Benin » n’est plus un slogan mais une réalité industrielle.
Développement vs Démocratie : Le dilemme du contexte politique
Le lancement de cette vision intervient dans un climat politique que certains qualifient de « crispé ». Si la planification à long terme nécessite un consensus national, les voix de l’opposition expriment des réserves.
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