Avec ses drones autonomes, la Turquie veut redéfinir la guerre aérienne

Le 27 décembre 2025, deux drones de combat turcs Bayraktar Kizilelma ont volé en formation serrée sans aucune intervention humaine. Une première revendiquée par leur constructeur, Baykar, sur le site d’essais de Çorlu, en Turquie.

Un vol coordonné que seuls les capteurs ont rendu possible

Les prototypes PT3 et PT5 ont maintenu leur position et ajusté leurs trajectoires en temps réel, en s’appuyant uniquement sur les capteurs embarqués et l’échange instantané de données, selon Baykar. Aucun opérateur n’est intervenu durant la manœuvre. Le 29 novembre 2025, un prototype du Kizilelma avait déjà détruit une cible aérienne par un tir de missile air-air en totale autonomie, selon le site spécialisé Aerobuzz.

Le Kizilelma est un drone à réaction doté d’une faible signature radar, d’une soute à armement interne et d’une capacité de décollage court. Il peut opérer depuis une base terrestre ou depuis un navire militaire, dont le futur porte-aéronefs TCG Anadolu.

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Une course mondiale où chaque puissance joue sa carte

Turquie n’est pas seule dans cette compétition. Aux États-Unis, l’US Air Force a officiellement attribué la désignation de chasseur aux drones YFQ-42A de General Atomics et YFQ-44A d’Anduril Industries, conçus pour escorter les F-22 et F-35 dans le cadre du concept « loyal wingman ». Le Pentagone a engagé 1,1 milliard de dollars sur 18 mois dans son programme de domination par les drones, selon les auditions sénatoriales de mars 2026.

La Chine, selon des chercheurs du Center for Security and Emerging Technology de Georgetown, prototype des capacités d’IA capables de piloter des véhicules de combat sans équipage et d’identifier des cibles sur terre, en mer et dans l’espace. Côté russe, Moscou a tiré des dizaines de milliers de drones Shahed de conception iranienne en 2025 uniquement, selon Foreign Policy. L’Iran, lui, a présenté en mai 2025 trois nouveaux drones militaires à décollage vertical — Homa, Dideban et Shahin-1 — développés sans fournisseurs étrangers, selon Army Recognition.

Face à ces acteurs, Turquie joue une carte différente : la démonstration publique d’une autonomie coopérative entre appareils armés, un niveau que Baykar affirme qu’« aucun autre pays n’a encore montré en public ».

Production en série annoncée pour 2026

Selon Baykar, la production en série du Kizilelma débuterait en 2026, avec une cadence cible de 12 unités par an. Une première livraison aux forces armées turques serait prévue dans les 12 à 18 prochains mois, selon le constructeur. Des démonstrations supplémentaires incluant des simulations de combat au-delà de la portée visuelle seraient également au programme cette année, toujours selon Baykar.

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