Bénin : l’ex-député Soumaïla Sounon Boké risque 5 ans de prison

Le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a requis, mardi 24 mars 2026, une peine de cinq ans d’emprisonnement ferme et une amende de dix millions de francs CFA contre Soumaïla Sounon Boké. L’ancien député du parti Les Démocrates est poursuivi pour apologie de crimes contre la sûreté de l’État, en lien avec la tentative de coup d’État déjouée le 7 décembre 2025.

Au cours de l’audience, le ministère public a estimé que les faits reprochés à l’ex-parlementaire étaient constitués, au regard des éléments du dossier examinés par la juridiction.

Des réquisitions fondées sur un message diffusé en ligne

Selon les débats à l’audience rapportés par Libre Express, les poursuites reposent sur un message publié dans un groupe WhatsApp au moment des événements du 7 décembre 2025. Le prévenu y avait écrit « C’est la fête », une formulation que le parquet interprète comme une prise de position en faveur de l’action visant les institutions de l’État.

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Le ministère public considère que cette publication constitue une apologie de crimes contre la sûreté de l’État. Cette qualification pénale vise, en droit béninois, les propos ou actes présentés comme valorisant des atteintes graves aux institutions républicaines. Face à ces accusations, Soumaïla Sounon Boké conteste toute intention d’encourager ou de soutenir une tentative de renversement du pouvoir. Il affirme que son message n’était pas lié aux faits survenus ce jour-là et maintient sa position de non-culpabilité depuis l’ouverture de la procédure.

Une audience inscrite dans le dossier du putsch manqué

Le dossier examiné s’inscrit dans les suites judiciaires de la tentative de coup d’État annoncée comme déjouée par les autorités béninoises le 7 décembre 2025. Plusieurs procédures ont été engagées devant la CRIET dans ce cadre, impliquant des personnes soupçonnées de participation directe ou de soutien aux faits.

Dans ce contexte, le parquet a développé son argumentaire en retenant que les propos diffusés publiquement, y compris sur des canaux numériques, peuvent être constitutifs d’infractions lorsqu’ils sont interprétés comme une légitimation d’actes portant atteinte à la sûreté de l’État. La défense de l’ancien député n’a pas été détaillée lors de cette phase de réquisitions, celle-ci intervenant avant les plaidoiries et le délibéré de la juridiction.

Une décision attendue après les plaidoiries

La procédure suit son cours devant la CRIET, compétente pour juger les infractions économiques et les faits qualifiés de terrorisme ou d’atteinte à la sûreté de l’État. Les réquisitions du parquet ne préjugent pas de la décision finale, qui revient à la formation de jugement après examen de l’ensemble des arguments. Sauf renvoi, le tribunal devrait mettre l’affaire en délibéré à l’issue des plaidoiries, avant de rendre sa décision sur la culpabilité ou non de l’ancien député et sur la peine éventuellement applicable.

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