Boko Haram : l'armée nigériane nie recruter des ex-terroristes

Le Quartier général de la Défense nigérian a démenti mardi 31 mars 2026, à Abuja les rumeurs selon lesquelles l’armée recruterait des militants repentants de Boko Haram dans ses rangs. Le général de brigade Yusuf Alli, coordinateur de l’Opération Safe Corridor, programme fédéral de déradicalisation, a affirmé que les règles de recrutement militaire excluent automatiquement toute personne ayant un casier judiciaire.

Cette mise au point intervient au moment où le Nigeria déploie depuis 15 ans des moyens considérables pour contenir l’insurrection djihadiste lancée en 2009. Malgré les opérations militaires soutenues par des partenaires internationaux, l’État demeure confronté à cette menace, fragmentée entre plusieurs factions dont la Province de l‘Afrique de l’Ouest (ISWAP) et le Jama’atu Ahlis Sunna Lidda’awati wal-Jihad (JAS).

Un tri systématique des candidats

Le coordinateur de l’Opération Safe Corridor a expliqué que le programme repose sur un système de classification en trois niveaux de risque : faible, moyen et élevé. Selon lui, seuls les individus considérés comme « faible risque » — notamment ceux ayant été forcés de rejoindre les groupes insurgés sans avoir commis d’infractions passibles de poursuites — sont éligibles au programme de réhabilitation. Il a ajouté qu’un mécanisme d’évaluation multi-agences, impliquant le ministère de la Justice, est mis en place pour examiner chaque profil avant toute prise en charge.

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Il a également précisé que cette initiative n’est ni un centre de détention ni une structure de recrutement militaire. D’après lui, les personnes classées à haut risque, notamment les combattants et les commandants, relèvent exclusivement de la justice pénale et sont poursuivies et incarcérées en cas de condamnation.

Réhabilitation plutôt que mobilisation

Selon les autorités en charge du programme, les participants admis bénéficient de formations professionnelles dans des domaines tels que la couture, la menuiserie et l’agriculture, en plus d’un accompagnement psychologique destiné à les aider à surmonter les traumatismes et les problèmes de dépendance. Le Quartier général de la Défense a par ailleurs réaffirmé qu’il ne recrute « aucun tueur » et qu’une telle pratique est exclue, soulignant la séparation stricte entre le dispositif civil de réinsertion et les structures militaires.

Ces précisions viennent répondre aux inquiétudes exprimées dans l’opinion publique, selon lesquelles d’anciens terroristes déradicalisés pourraient devenir des informateurs pour les groupes insurgés. L’armée estime que ces craintes sont infondées, affirmant que les anciens combattants classés à faible risque sont au contraire souvent perçus avec suspicion par les groupes terroristes, qui les soupçonnent d’être des agents infiltrés du gouvernement.

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