Canada : ouverture du procès du pasteur John Kasongo accusé d'agression sexuelle

John Kasongo, pasteur de l’Église universelle de Jésus-Christ, a comparu vendredi devant un jury à Québec. Une immigrante congolaise a relaté des actes sexuels survenus lors de visites présentées comme des séances de prière.

Une foi exploitée comme outil de manipulation

La procureure du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Me Sonia Lapointe, a établi dès son allocution d’ouverture que l’affaire repose sur l’exploitation de croyances religieuses. La plaignante, jeune mère monoparentale arrivée seule au Canada depuis la République démocratique du Congo, a rejoint l’Église universelle de Jésus-Christ en cherchant un ancrage communautaire. Elle y aurait trouvé une structure familiale de substitution et une figure protectrice en la personne de Kasongo.

L’accusé, également originaire du Congo, officiait au sein de cette congrégation à Québec. Selon son témoignage devant le jury, la plaignante était convaincue que les prières du pasteur pouvaient l’aider à décrocher un emploi et à traverser une relation conflictuelle avec son ex-conjoint.

Publicité

Des actes sexuels dissimulés sous prétexte spirituel

Lors d’une visite de Kasongo à son domicile, l’accusé l’aurait d’abord interrogée sur l’état de guérison de son corps, avant de procéder à des attouchements au salon. Il l’aurait ensuite accompagnée dans sa chambre, invoquant son confort. Des rapports sexuels auraient alors eu lieu. La plaignante y a mis fin en demandant : « Cette prière consiste à quoi au juste ? » Kasongo se serait interrompu, aurait soupiré, puis se serait rhabillé. Devant le jury, la plaignante a exprimé sa perplexité face à cette réaction : si les actes posés n’avaient rien de répréhensible, pourquoi cet arrêt soudain ?

Kasongo a été arrêté le 4 juin 2025 par le Service de police de la Ville de Québec, qui avait alors lancé un appel public en raison de possibles autres victimes. Il a plaidé non coupable à l’ensemble des accusations portées contre lui.

Un dossier aux ramifications internationales

L’affaire dépasse les frontières canadiennes. Deux femmes résidant en Suède auraient affirmé avoir subi des agressions sexuelles de la part de Kasongo, selon des informations relayées par Radio-Canada. Ces faits allégués remonteraient à la période précédant son arrivée à Québec en juin 2024. Aucune plainte formelle n’aurait été déposée en Suède, bien que les deux femmes aient accepté de témoigner après avoir appris l’arrestation de l’accusé. Aucune accusation n’a été retenue dans ce pays.

Le procès se poursuit devant jury. La décision de Kasongo de prendre ou non la parole, ainsi que la suite des témoignages, conditionneront les prochaines étapes de la procédure.

Laisser un commentaire