Décès infantile dans le monde : des progrès qui ralentissent

En 2024, environ 4,9 millions d’enfants sont décédés avant l’âge de cinq ans dans le monde, selon un rapport publié le 17 mars 2026 par le Groupe interorganisations des Nations unies pour l’estimation de la mortalité de l’enfant (UN IGME).

À ces chiffres s’ajoutent 2,1 millions de décès parmi les enfants plus âgés, les adolescents et les jeunes. Malgré les progrès significatifs réalisés depuis plusieurs décennies, le rythme de réduction de la mortalité infantile ralentit, en particulier en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud.

Le rapport met en lumière une avancée importante : pour la première fois, des estimations mondiales détaillées et harmonisées des causes de décès ont été établies. Ces données permettent d’identifier avec davantage de précision les facteurs responsables de la mortalité des enfants à différents âges et d’orienter plus efficacement les politiques de santé publique.

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Des causes évitables toujours dominantes

Chez les nouveau-nés, les principales causes de décès restent la prématurité, les complications liées à l’accouchement et les infections néonatales. Une grande partie de ces décès pourrait être évitée grâce à un meilleur accès à des soins de qualité avant, pendant et après la naissance.

Pour les enfants âgés de 1 à 59 mois, les maladies infectieuses continuent de faire de nombreuses victimes. La pneumonie, la diarrhée et le paludisme figurent toujours parmi les principales causes de mortalité, souvent aggravées par la malnutrition. Le rapport souligne également que plus de 100 000 enfants sont morts en 2024 de malnutrition aiguë sévère.

Au-delà de cinq ans, les risques évoluent. Les enfants plus âgés et les jeunes sont davantage exposés aux maladies non transmissibles, aux blessures et à des facteurs liés à la santé mentale.


De fortes inégalités selon les régions

Les chances de survie des enfants varient fortement selon leur lieu de naissance. Les pays confrontés à des systèmes de santé fragiles, à des conflits ou à de fortes inégalités sociales enregistrent les taux de mortalité les plus élevés.

L’accès à l’eau potable, à l’assainissement, à l’éducation et aux services de santé reste déterminant pour améliorer la survie des enfants.

Toutefois, le rapport souligne que des progrès importants sont observés dans les pays ayant investi de manière ciblée dans les systèmes de santé et les services sociaux.


Un ralentissement inquiétant des progrès

Depuis 1990, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans a chuté d’environ 60 %, tandis que la mortalité néonatale a reculé de 45 %. Ces avancées ont permis de sauver des millions de vies.

Mais cette dynamique s’essouffle. Si la tendance actuelle se maintient, près de 27,3 millions d’enfants de moins de cinq ans pourraient mourir entre 2025 et 2030, dont près de la moitié au cours du premier mois de vie.

Face à cette situation, les Nations unies appellent à un engagement renforcé des États et des partenaires internationaux, à des investissements ciblés et à une accélération des actions pour mettre fin aux décès évitables d’enfants.

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