Détroit d'Ormuz : le Canada n'a pas l'intention de s'impliquer militairement malgré l'appel de Trump

Le ministre canadien de la Défense, David McGuinty, a déclaré lundi devant des journalistes à Ottawa que le Canada n’avait pas l’intention de participer à une opération militaire dans le détroit d’Ormuz, bloqué depuis le déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l’Iran le 28 février dernier. Cette prise de position intervient alors que le président américain Donald Trump presse ses alliés de contribuer à la sécurisation de cette route maritime stratégique.

Un appel américain sans écho chez les alliés

Dans une entrevue accordée au Financial Times, Trump a averti que le refus des alliés serait « très mauvais » pour l’avenir de l’Alliance atlantique. Il a nommément cité plusieurs pays — dont la France, le Royaume-Uni, le Japon et la Corée du Sud — en faisant valoir que les nations bénéficiant du transit énergétique par le détroit devaient contribuer à sa protection. Le détroit d’Ormuz est un point de passage par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial.La réponse des capitales occidentales reste unanimement réservée. Le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, le Japon et l’Australie ont tous écarté toute participation directe. Lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne à Bruxelles lundi, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a indiqué qu’il n’existait aucun appétit pour engager des forces militaires européennes dans le détroit.

Des capacités limitées et des conditions posées

McGuinty a précisé qu’Ottawa restait disposé à fournir une aide non offensive aux États de la région qui en feraient la demande — notamment en matière de renseignement et d’infrastructures civiles — sans en détailler la nature pour des « raisons opérationnelles ». Le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, a conditionné toute participation canadienne à l’existence d’un consensus au sein de l’OTAN et des alliés européens, une perspective que Bruxelles a pour l’heure rejetée.

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Les contraintes matérielles renforcent la prudence politique. Selon David Perry, président de l’Institut canadien des affaires mondiales, les Forces armées canadiennes ne disposent pas des équipements nécessaires pour intercepter missiles et drones iraniens, et leur capacité d’intervention dans le golfe Persique demeurerait très limitée, même en cas de volonté politique.

Le premier ministre Mark Carney et son homologue britannique Keir Starmer ont convenu lundi, lors d’une rencontre à Londres, que la liberté de navigation devait être rétablie dans le détroit, sans préciser par quels moyens. Aucune réunion de l’OTAN n’est officiellement inscrite à l’agenda pour traiter collectivement de cette question.

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