Trois semaines après le début des frappes américano-israéliennes contre l’Iran, lancées le 28 février, le président Donald Trump n’a toujours obtenu aucun engagement ferme de ses alliés pour former une coalition navale chargée de sécuriser le détroit d’Ormuz. Le 15 mars, il avait déclaré avoir sollicité une dizaine de pays, sans en nommer la totalité, leur demandant d’envoyer des navires de guerre escorter les tankers dans ce couloir maritime par lequel transitent normalement 20 % des approvisionnements énergétiques mondiaux.
Les réponses reçues ce lundi ont été uniformément négatives ou évasives. Le Japon a opposé un obstacle juridique : la Première ministre Sanae Takaichi a indiqué devant le parlement que Tokyo n’avait « pris aucune décision concernant le déploiement de navires d’escorte », précisant que les lois japonaises encadrant strictement les déploiements militaires à l’étranger rendent une telle opération juridiquement incertaine. Elle n’a par ailleurs pas encore reçu de demande formelle de Washington. L’Australie, de son côté, a été plus directe : la ministre des Transports Catherine King a déclaré à la chaîne publique ABC que Canberra n’avait pas été sollicitée et n’enverrait pas de navires.
L’Europe entre refus et prudence
En Europe, l’Allemagne — que Trump n’avait pas directement interpellée — a répondu spontanément par la voix de son ministre de la Défense Boris Pistorius : « Ce n’est pas notre guerre. Nous ne l’avons pas commencée. » Son homologue aux Affaires étrangères, Johann Wadephul, a jugé une extension de la mission navale européenne Aspides au détroit d’Ormuz très difficile, en l’absence d’un nouveau mandat parlementaire. La Grèce a fait savoir qu’elle resterait cantonnée à la mission Aspides en mer Rouge, l’Italie qu’aucune mission existante ne pouvait être étendue à cette zone.
Le Royaume-Uni a adopté une posture plus ambiguë. Le Premier ministre Keir Starmer a eu un appel téléphonique avec Trump le 15 mars sur la nécessité de rouvrir le détroit, mais a précisé lundi qu’il ne s’agirait pas d’une mission de l’OTAN et que Londres ne serait pas entraîné dans la guerre plus large. La France, citée par Trump comme un « huit sur dix » sur l’échelle de l’engagement, a conditionné toute participation à la fin de la phase la plus intense des combats.
Pékin silencieuse, l’OTAN sous pression
La Chine, dont Trump estime qu’elle tire 90 % de son pétrole du détroit, n’a pas répondu directement à la demande américaine. Pékin s’est limité à appeler à la cessation des hostilités. Trump a averti qu’il pourrait annuler son déplacement prévu à Beijing fin mars si Xi Jinping n’apportait pas son soutien.
Face à ce front du refus, Trump a durci le ton vis-à-vis de l’Alliance atlantique. Dans un entretien au Financial Times, il a prévenu que l’absence de soutien de ses alliés de l’OTAN serait « très mauvaise pour l’avenir » de l’organisation. La Corée du Sud est le seul pays à avoir indiqué examiner la demande américaine.
Du côté iranien, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a maintenu que le détroit reste ouvert à tous les pays tiers. Le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei, fils de l’ancien chef d’État tué lors des premières frappes, a laissé entendre que le contrôle du détroit constituerait un levier de négociation pour Téhéran.
Le Wall Street Journal a rapporté lundi, citant des responsables américains, que l’administration Trump s’apprêterait à annoncer cette semaine la constitution d’une coalition, sans identifier les pays concernés. La visite de Sanae Takaichi à la Maison Blanche, prévue jeudi, devrait offrir un premier test concret de la capacité de Washington à assembler un soutien international.


Trump a commencé par ignorer ses alliés, il les a ensuite insultés, puis leur a demandé leur aide et maintenant, il les menace.
La classe à Dallas. La totale, un condensé de ce qu’il ne faut pas faire.
On peut se gausser mais à l’heure actuelle, il est devenu fou-dingue. Il est dans une rage noire. Ajouté à son problème d’ego, ça peut donner une catastrophe au niveau mondial !