Détroit d'Ormuz : un cargo thaïlandais frappé, une vingtaine de marins secourus

Le vraquier thaïlandais Mayuree Naree, propriété de la compagnie Precious Shipping, a été frappé mercredi 11 mars 2026 dans le détroit d’Ormuz, peu après avoir quitté le port de Khalifa, aux Émirats arabes unis. Vingt des vingt-trois marins thaïlandais à bord ont été secourus par la marine royale d’Oman, selon un communiqué de la marine royale thaïlandaise. Trois membres d’équipage demeuraient introuvables en fin de journée.

Deux impacts au-dessus de la ligne de flottaison

Le navire de 30 000 tonnes de port en lourd avait appareillé vers 03h00 (heure locale thaïlandaise) en direction de Kandla, en Inde. À 11h10, alors qu’il transitait dans les eaux au large d’Oman, il a été touché à deux reprises par une arme non identifiée, selon la marine thaïlandaise. Les impacts, situés au-dessus de la ligne de flottaison, ont provoqué des explosions à la poupe et dans la salle des machines, déclenchant un incendie à bord. L’UKMTO (United Kingdom Maritime Trade Operations), l’organisme britannique de surveillance maritime, a confirmé que l’incendie a été maîtrisé et qu’aucun impact environnemental n’a été constaté. Un équipage réduit est resté à bord pour assurer la surveillance du navire.

« Les détails spécifiques et la cause de l’attaque font actuellement l’objet d’une enquête », a indiqué la marine royale thaïlandaise dans son communiqué. Aucune revendication officielle n’avait été formulée en fin de journée.

Publicité

Le détroit sous pression depuis le 28 février

L’incident survient dans un contexte de fermeture effective du détroit d’Ormuz par les Gardiens de la Révolution iraniens (CGRI), officiellement confirmée le 2 mars 2026. Les CGRI ont averti que tout navire tentant de franchir le passage serait attaqué — une mesure de représailles aux frappes aériennes conjointes menées par les États-Unis et Israël le 28 février, qui ont coûté la vie au Guide suprême Ali Khamenei. L’attaque du Mayuree Naree est la 14e frappe recensée contre un navire commercial depuis le début du conflit, selon les données de l’UKMTO et de Reuters. Elle marque également la reprise des incidents après 72 heures sans attaque signalée.

Le même jour, le porte-conteneurs japonais One Majesty, de la compagnie Ocean Network Express, a subi des dégâts mineurs à la suite d’un impact à 25 milles nautiques au nord-ouest de Ras Al-Khaïmah, aux Émirats arabes unis. L’ensemble de l’équipage est sauf.

Une crise énergétique mondiale amplifiée

Le détroit d’Ormuz assure le transit d’environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel liquéfié. Depuis le début du conflit, le trafic de pétroliers y a chuté d’environ 70 %, selon les données de suivi maritime. Le baril de Brent a dépassé les 100 dollars le 8 mars pour la première fois en quatre ans, atteignant un pic à 126 dollars.

Le Conseil de sécurité de l’ONU devait se prononcer dans la journée sur une résolution présentée par le Conseil de coopération du Golfe exigeant l’arrêt des frappes iraniennes contre ses voisins arabes. Le Pentagone a annoncé travailler à des options militaires pour rouvrir le corridor maritime aux navires commerciaux.

Laisser un commentaire