Énergie nucléaire : la Centrafrique n'exclut pas une coopération avec la Russie

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a déclaré, lors d’une visite de travail à Moscou, que la République centrafricaine (RCA) était disposée à examiner toutes les propositions russes en matière d’énergie, y compris dans le domaine nucléaire. L’entretien, accordé à l’agence de presse TASS, intervient au lendemain d’une rencontre avec le président russe Vladimir Poutine.

Confrontée à un déficit énergétique structurel, la RCA dispose de ressources inexploitées dans l’hydroélectricité et bénéficie d’un ensoleillement propice au développement du photovoltaïque. Le Président Touadéra a rappelé que la Russie possède les technologies et les compétences dans ces deux filières, avant d’ajouter que Bangui ne pouvait « rester fermé à des propositions » sur d’autres options, dont le nucléaire civil.

Une visite diplomatique aux enjeux énergétiques

Il s’agit du premier déplacement du chef de l’État centrafricain à Moscou depuis sa réélection fin 2025. Depuis 2018, le Président centrafricain Faustin Touadéra a effectué cinq visites en Russie, un rythme qui reflète le renforcement progressif des liens bilatéraux entre les deux pays, notamment dans les domaines sécuritaire et économique. La RCA rejoint un groupe croissant de pays africains qui explorent une coopération nucléaire civile. De plus en plus de pays africains s’intéressent à l’énergie nucléaire.

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Un intérêt africain porté par un déficit structurel

L’attrait pour le nucléaire civil sur le continent s’explique par l’ampleur des besoins non couverts : près de 600 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité en Afrique, selon les données de l’Agence internationale de l’énergie. La consommation annuelle moyenne par habitant y reste inférieure à 500 kWh, contre plus de 3 000 kWh dans les économies industrialisées.

L’Égypte demeure le seul pays africain engagé dans un projet de construction concrète. La centrale d’El-Dabaa, confiée à Rosatom, prévoit une capacité de 4 800 MW. La prochaine étape pour Bangui sera de formaliser d’éventuelles discussions techniques avec les autorités russes compétentes. Aucun calendrier ni cadre de négociation n’a été annoncé à l’issue de la visite de Touadéra à Moscou.

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