Le ministère américain de la Justice a rendu publics jeudi 5 mars 2026 trois mémorandums du FBI contenant des accusations non corroborées d’agression sexuelle contre le président Donald Trump, documents qui avaient été omis d’une première vague de divulgation des archives liées au financier condamné Jeffrey Epstein. Le département a reconnu que ces fichiers avaient été retenus par erreur lors d’un examen antérieur.
Trump et Epstein ont entretenu des relations mondaines documentées pendant plus d’une décennie, principalement à New York et à Palm Beach, en Floride, où le financier résidait avant son arrestation en juillet 2019. Les deux hommes ont fréquenté les mêmes cercles privés dans les années 1990 et au début des années 2000. Trump avait lui-même contacté la police de Palm Beach en 2006 pour signaler des comportements suspects d’Epstein envers des mineures, selon l’ancien chef de la police municipale Michael Reiter. Le FBI a été amené à examiner, lors de son enquête sur les réseaux du financier, les déclarations d’une femme mettant Trump en cause — déclarations dont les mémos publiés jeudi constituaient une partie jusque-là retenue.
Des entretiens conduits en 2019, longtemps absents de l’archive publique
Ces documents, désignés sous l’appellation « 302 » dans la nomenclature fédérale, consignent le contenu de quatre entretiens menés par des agents du FBI avec une femme qui affirme avoir été victime d’abus répétés de la part d’Epstein à partir de ses 13 ans environ, dans les années 1980, à Hilton Head, en Caroline du Sud. Seul le premier entretien, daté de juillet 2019 et ne contenant aucune mention de Trump, figurait dans la base de données rendue publique plus tôt cette année. Les trois mémos publiés jeudi couvrent des entretiens conduits en août et octobre 2019. Lors du second, la femme a déclaré aux enquêteurs qu’Epstein l’aurait emmenée dans le New Jersey ou à New York, où Trump aurait tenté de la contraindre à un acte sexuel. Elle affirme l’avoir mordu et dit avoir reçu un coup en réponse.
La femme apparaît sous le nom de « Jane Doe 4 » dans un recours civil intenté contre la succession d’Epstein, où elle ne mentionne pas Trump. Le programme d’indemnisation des victimes d’Epstein, instance indépendante chargée d’examiner les demandes, l’a jugée « inéligible à une compensation » selon un document de justice datant de mai 2021. Un courriel interne du FBI, versé aux archives publiées, indique qu’une victime identifiée avait allégué des abus de la part de Trump mais avait finalement refusé de coopérer, sans préciser s’il s’agit de la même personne. Aucune mise en cause judiciaire de Trump n’a résulté de ces entretiens.
La Maison-Blanche a rejeté les accusations. La porte-parole Karoline Leavitt a affirmé que le département de justice de l’administration Biden avait connaissance de ces éléments depuis quatre ans et n’a rien fait, estimant que cela établissait l’innocence du président.
Une divulgation sous pression législative et médiatique
La publication de ces mémos fait suite à une enquête de CNN ayant établi que plusieurs dizaines de mémorandums d’entretiens manquaient à l’archive en ligne constituée par le département de la Justice. Ces fichiers relèvent de l’Epstein Files Transparency Act, loi signée par Trump en novembre 2025 imposant la divulgation intégrale des documents liés à l’affaire. La commission de surveillance de la Chambre des représentants a voté le même jour en faveur d’une assignation à comparaître adressée à la procureure générale Pam Bondi, des élus des deux partis estimant que le département protège des personnalités puissantes impliquées dans les réseaux d’Epstein.
Six documents supplémentaires figurant dans l’index des archives de la procédure contre Ghislaine Maxwell — dont des notes d’entretiens et un rapport des forces de l’ordre — n’ont toujours pas été mis en ligne. Le département a indiqué travailler à leur examen avant toute publication.

« Le département a reconnu que ces fichiers avaient été retenus par erreur lors d’un examen antérieur »
Quand le FBI dit qu’il a fait qqchose « par erreur » on peut être sûr que ce n’est pas le cas !
Divulguer certains documents MAIS PAS TOUS, une partie d’un document mais pas l’entièreté est une manoeuvre de manipulation classique, rustique et très efficace.