Frappes iraniennes aux Émirats : 70 britanniques risquent 10 ans de prison pour avoir filmé

Environ 70 ressortissants britanniques ont été arrêtés aux Émirats arabes unis après avoir enregistré des vidéos et des photographies lors des attaques aériennes lancées par Téhéran contre le territoire émirati, révèle le Mail on Sunday. Selon deux groupes de défense basés au Royaume-Uni et des avocats émiratis, les inculpés encourent des peines pouvant atteindre dix ans de prison ou des amendes de 200 000 livres sterling sous les articles les plus sévères de la législation locale.

Le cadre de ces arrestations

Ces interpellations interviennent suite à la cascade d’attaques menées par l’Iran contre la région. Le 1er mars 2026, Téhéran a lancé des centaines de drones et de missiles balistiques non seulement vers Israël, mais aussi vers les bases militaires américaines et les infrastructures civiles des Émirats arabes unis, ciblant notamment les aéroports internationaux de Dubaï et d’Abou Dhabi. Les frappes ont endommagé l’hôtel Burj Al Arab à Dubaï et provoqué un incendie majeur à l’hôtel Fairmont The Palm.

Environ 70 ressortissants britanniques se trouvent actuellement en garde à vue à Dubaï pour cette raison, auxquels s’ajoutent au moins trois ressortissants français, dont Maeva Ghennam. Cette dernière, suivie par des millions d’internautes, s’est filmée le premier jour des hostilités et a été convoquée par la police deux jours plus tard.

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Une loi invoquée pour des motifs de sécurité

Les autorités émiraties justifient ces arrestations par l’invocation d’impératifs de sécurité nationale. Elles affirment que la diffusion d’images pourrait révéler des informations sensibles à l’Iran. Toutefois, les groupes de défense des droits pointent un second motif : la protection de la marque Dubaï comme destination touristique de prestige. Les missiles et drones iraniens ont ébranlé l’image de Dubaï comme havre sûr et exempt d’impôts pour les étrangers.

Les détenus—touristes, expatriés et personnel de bord—auraient subi des conditions difficiles en cellule : privations de sommeil, de nourriture et d’accès aux médicaments selon les deux organisations britanniques engagées dans le dossier.

Une répression élargie au Golfe

Cette politique de restriction n’est pas limitée aux Émirats. Au Qatar, les journalistes n’ont obtenu l’autorisation de filmer que dans certains lieux, et il est impossible de photographier les sites sensibles, les bâtiments gouvernementaux ou les installations militaires. Des agents de sécurité ont systématiquement demandé aux personnes filmant de supprimer leurs contenus aux premiers jours de l’escalade.

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