Frappes iraniennes dans le Golfe : le Hamas joue les médiateurs

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a publié samedi sur Telegram un appel inédit à son allié iranien, lui demandant de cesser ses frappes contre les États du Golfe, tout en réaffirmant le droit de Téhéran à riposter aux attaques menées par les États-Unis et Israël contre son territoire.

L’Iran frappe le Golfe après les attaques américano-israéliennes

Depuis le début des frappes coordonnées israélo-américaines contre l’Iran, Téhéran a engagé une campagne de représailles aériennes ciblant les infrastructures énergétiques des pays du Golfe. Le Qatar a été directement touché : des explosions ont été entendues au-dessus de Doha après l’interception de deux projectiles iraniens au-dessus du centre-ville. Israël affirme de son côté avoir visé plus de 7 600 cibles en Iran depuis le début du conflit. C’est dans ce climat que le Hamas a pris la parole, dans une posture inhabituelle pour un mouvement dont l’Iran constitue l’un des principaux soutiens financiers et militaires.

Le Hamas soutient Téhéran, mais fixe une limite

Dans sa déclaration publiée samedi, le Hamas affirme explicitement le droit de la République islamique à user de « tous les moyens disponibles, conformément aux normes et au droit international » pour répondre à l’agression dont elle est victime. Mais le mouvement trace une ligne : les pays voisins de l’Iran ne doivent pas être pris pour cible.

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« Le mouvement appelle ses frères en Iran à ne pas prendre pour cible les pays voisins« , écrit le Hamas sur Telegram, sans nommer explicitement les États du Golfe visés par les frappes iraniennes.

Le Hamas a également appelé la communauté internationale à œuvrer à l’arrêt immédiat des hostilités.

Une prise de position aux implications régionales

La déclaration du Hamas intervient alors que plusieurs monarchies du Golfe entretiennent des relations diplomatiques avec Israël depuis les Accords d’Abraham signés à partir de 2020, ce qui place ces États dans une position ambiguë vis-à-vis du conflit. En ciblant leurs infrastructures, l’Iran risque de fracturer un front arabe dont le Hamas a besoin pour maintenir une pression politique sur Israël.

Le mouvement, affaibli par plus de deux ans de guerre à Gaza, cherche à préserver des relais régionaux indispensables à sa survie politique. Une escalade iranienne incontrôlée dans le Golfe compromettrait ces équilibres. La prochaine étape du conflit dépend en grande partie de la réponse de Téhéran à cet appel public. Aucune réaction officielle iranienne n’avait été publiée dans l’immédiat à la suite de la déclaration du Hamas.

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