Le président sri-lankais Anura Kumara Dissanayake a annoncé vendredi devant le Parlement que Colombo avait rejeté une demande américaine de déploiement temporaire de deux avions de combat sur le territoire national. La décision, prise pour la période du 4 au 8 mars, a été présentée comme une condition au maintien de la neutralité du pays dans la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran.
Un refus assumé publiquement
Washington avait demandé l’autorisation de redéployer deux appareils militaires armés de missiles antinavires depuis la base américaine de Djibouti vers l’aéroport international de Mattala, dans le sud du Sri Lanka. Le gouvernement a opposé un refus. « Nous avons dit non », a déclaré le président Dissanayake devant les parlementaires.
La démarche américaine intervient alors que le conflit lancé fin février contre l’Iran s’intensifie. Depuis le début des opérations, les États-Unis et Israël conduisent des frappes quotidiennes contre des cibles militaires et des responsables iraniens, dans un conflit qui mobilise des ressources logistiques croissantes dans toute la région indo-pacifique. Dans ce contexte, Washington cherche à sécuriser des points d’appui supplémentaires pour ses appareils opérant dans l’océan Indien.
Une neutralité déjà mise à l’épreuve
Le Sri Lanka n’en était pas à sa première décision sensible depuis le déclenchement du conflit. Le 4 mars, la marine sri-lankaise avait secouru des survivants à bord d’une frégate iranienne torpillée dans l’océan Indien, à environ 40 kilomètres au large de Galle. Une opération humanitaire conduite sans prise de position sur le fond du conflit.
Colombo maintient une doctrine de non-alignement héritée de la guerre froide, formalisée dans la constitution de 1978 qui interdit au pays de participer à des alliances militaires offensives. C’est sur cette base juridique interne que le refus opposé aux États-Unis a été justifié par le président Dissanayake.
Une pression qui devrait se poursuivre
Le rejet sri-lankais a été rendu public par le chef de l’État lui-même, ce qui lui confère une portée diplomatique au-delà du seul épisode militaire. En assumant ouvertement ce refus devant le Parlement, Colombo envoie un signal à l’ensemble des parties au conflit sur sa volonté de rester en dehors des opérations.
La décision ne clôt pas pour autant les sollicitations potentielles. Tant que le conflit se prolonge et que la présence militaire américaine dans l’océan Indien reste étendue, d’autres demandes de facilités logistiques adressées aux États côtiers de la région sont attendues. Le Sri Lanka devra préciser si son refus constitue une position de principe durable ou une décision circonstancielle liée à cette seule fenêtre de dates.

