Guerre en Iran : ce que les services secrets européens redoutent

Depuis le déclenchement des frappes américano-israéliennes contre l’Iran le 28 février 2026, les services de renseignement européens ont rehaussé leur niveau d’alerte face à un risque accru d’attentats sur le sol européen. Europol a formellement averti que des réseaux liés à Téhéran pourraient être activés en représailles, ciblant des intérêts occidentaux à l’intérieur des frontières de l’Union européenne.

Cellules dormantes et proxies : le double vecteur de la menace

L’agence européenne de police judiciaire redoute deux types d’action distincts. Le premier implique les mandataires historiques de l’Iran — le Hezbollah, les factions irakiennes pro-iraniennes et les réseaux affiliés à l’Axe de la résistance— dont certains membres sont établis sur le territoire européen depuis plusieurs années. Le second scénario, jugé particulièrement difficile à anticiper, verrait des cellules locales passer à l’acte sans coordination directe avec Téhéran, sur la base d’une instruction générale d’agir. C’est cette configuration que les analystes du renseignement européen qualifient de la plus imprévisible.

Cette évaluation a conduit le Collège européen de sécurité de la Commission européenne à renforcer sa collaboration opérationnelle avec Europol dès la première semaine du conflit.

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Des attaques déjà enregistrées en Europe

La menace n’est pas restée théorique. Le 9 mars 2026, une explosion a endommagé une synagogue à Liège, en Belgique, sans faire de victimes. Quelques jours plus tard, un véhicule a été incendié dans le quartier juif d’Anvers. À Rotterdam, plusieurs suspects âgés de 17 à 19 ans ont été arrêtés : recrutés via TikTok, ils auraient été rémunérés pour exécuter des actions à visibilité médiatique, selon les autorités néerlandaises.

Un groupe jusqu’alors inconnu, le Harakat Ashab al-Yamin al-Islamia, a revendiqué ces actes. Les services de renseignement belges et européens décrivent une structure opportuniste dont l’imagerie rappelle celle du Hezbollah et des Gardiens de la révolution iraniens, sans qu’un lien de commandement direct ait été établi à ce stade.

Les États européens en ordre dispersé face au risque

La réponse sécuritaire varie selon les pays. La France maintient le plan Vigipirate au niveau « Urgence attentat » depuis le 5 janvier 2026, avec un renforcement du dispositif Sentinelle annoncé par Emmanuel Macron le 2 mars. L’Allemagne, dont le chancelier Friedrich Merz a qualifié l’Iran de foyer du terrorisme international, a également signalé que ses services anticipent des tentatives d’activation de cellules sur son sol.

Le 29 janvier 2026, le Conseil de l’UE avait déjà désigné le Corps des gardiens de la révolution islamique organisation terroriste — une décision qui confère aux États membres une base juridique renforcée pour surveiller et poursuivre les réseaux affiliés opérant en Europe.

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