Un drone a ciblé l’ambassade des États-Unis à Bagdad dans la nuit du 17 au 18 mars 2026, provoquant une explosion entendue dans le secteur, selon des sources sécuritaires irakiennes citées par Reuters. L’ambassade, située dans la Zone verte fortifiée du centre de Bagdad, a été visée par au moins quatre projectiles, dont deux drones, avec au moins un appareil ayant atterri à proximité du complexe.
Lors d’une attaque distincte plus tôt dans la soirée du 17 mars, trois drones piégés avaient ciblé l’ambassade ; le système de défense C-RAM en avait intercepté deux, tandis que le troisième pénétrait dans l’enceinte du complexe et y déclenchait un incendie, sans blessé signalé dans l’immédiat. Simultanément, deux drones avaient pris pour cible la base militaire Victoria, à l’aéroport international de Bagdad, avant d’être abattus à son périmètre par les systèmes de défense.
Al-Soudani ordonne la poursuite des auteurs
Face à l’intensification des frappes, le Premier ministre irakien Mohammed Chia Al-Soudani a fermement condamné les attaques répétées contre l’ambassade américaine et ordonné aux forces de sécurité de ne faire preuve d’aucune clémence envers leurs auteurs. Son porte-parole militaire, Sabah Al-Numan, a qualifié ces actes d’« agression terroriste flagrante contre la souveraineté et l’autorité de l’Irak », promettant de traduire les responsables en justice.
Les milices pro-iraniennes ont également visé la base aérienne de Harir et le consulat américain à Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan, ainsi qu’un hub logistique à l’aéroport de Bagdad utilisé par des militaires américains. En réponse, les États-Unis ont frappé les quartiers généraux de plusieurs milices à travers l’Irak.
Une escalade depuis l’ouverture du conflit
L’ambassade américaine à Bagdad est devenue l’une des principales cibles des milices chiites pro-iraniennes depuis le lancement de l’offensive militaire américano-israélienne contre l’Iran. En début mars, l’ambassade avait ordonné le départ de tout le personnel non essentiel en raison des risques sécuritaires croissants. Le 14 mars, un drone avait déjà pénétré dans le complexe et provoqué un incendie visible depuis plusieurs quartiers de la capitale.
Le département d’État américain a, de son côté, ordonné à l’ensemble de ses postes diplomatiques dans le monde de revoir immédiatement leurs dispositifs de sécurité, en raison de la situation au Moyen-Orient et du risque de répercussions dans d’autres régions. Des postes américains en dehors de la région, notamment au Canada et en Norvège, ont également été ciblés depuis le début du conflit.
Al-Soudani doit recevoir prochainement des représentants des forces de sécurité pour évaluer les mesures de protection renforcée autour de la Zone verte, selon The National.
