Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de l’Iran, s’est adressé à une foule rassemblée dans les rues de Téhéran vendredi 13 mars, au lendemain de nouvelles frappes américano-israéliennes sur le territoire iranien. Interrogé sur l’offensive militaire en cours, il a mis en cause les capacités de jugement du président américain Donald Trump.
« Le problème avec Donald Trump, c’est qu’il n’est pas assez intelligent pour comprendre que les Iraniens sont une nation mature, forte et déterminée« , a déclaré Larijani devant les caméras des médias iraniens. Il a ajouté que les attaques américaines relevaient « de la peur et du désespoir« , estimant qu’elles ne feraient que renforcer la détermination de la population iranienne.
Un homme fort du régime face aux caméras
L’apparition publique de Larijani, aux côtés du président Massoud Pezeshkian, constitue en elle-même un signal politique. Depuis le déclenchement du conflit le 28 février 2026, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale a été chargé par le régime de coordonner la résistance militaire et de prévenir toute déstabilisation interne. Se montrer en public, au milieu de la foule, alors que des explosions restaient audibles aux abords de la capitale, relève d’une mise en scène assumée.
Washington avait, quelques jours plus tôt, imposé des sanctions personnelles à Larijani, l’accusant d’avoir ordonné l’usage de la force létale contre des manifestants lors des récentes répressions internes. Le Département d’État américain a par ailleurs offert une prime de dix millions de dollars pour toute information permettant de le localiser — le jour même où il paradait en direct à la télévision d’État iranienne. Trump, interrogé sur les déclarations de Larijani, a répondu qu’il ne savait pas qui il était : « Je n’ai aucune idée de qui il est. Je m’en fiche complètement« , a-t-il déclaré.
Du nucléaire à la guerre : une trajectoire de quatre décennies
Larijani n’est pas un inconnu de la scène internationale. Nommé principal négociateur nucléaire de l’Iran en 2005, il a conduit pendant deux ans les pourparlers avec les puissances occidentales sur le dossier nucléaire iranien, avant de démissionner en 2007 en raison de divergences avec le président Ahmadinejad. En 2015, il a joué un rôle déterminant dans l’obtention de l’approbation parlementaire du JCPOA, l’accord nucléaire conclu avec les grandes puissances.
Président du Parlement iranien pendant douze ans, de 2008 à 2020, il a ensuite tenté par deux fois de se présenter à l’élection présidentielle, en 2021 puis en 2024, avant d’être disqualifié à chaque fois par le Conseil des gardiens. C’est le président Pezeshkian qui l’a rappelé en août 2025 à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale, le replacant au sommet de l’appareil sécuritaire iranien au moment précis où le pays entrait en guerre ouverte.
Les dernières négociations indirectes entre Téhéran et Washington, conduites via des intermédiaires omanais, s’étaient achevées sans accord quelques heures avant les premières frappes du 28 février. Un troisième round tenu à Genève le 27 février s’était soldé sans résultat, malgré des concessions iraniennes signalées par le médiateur omanais. Aucune reprise de contact officielle entre les deux parties n’est annoncée à ce stade.

