Célébrée chaque année le deuxième jeudi du mois de mars, l’International School Meals Day (la Journée internationale de l’alimentation scolaire) met en lumière le rôle déterminant de l’alimentation à l’école dans la santé, l’éducation et le développement économique à travers le monde. Selon les données du Programme alimentaire mondial (Pam), environ 466 millions d’enfants bénéficient aujourd’hui de repas scolaires dans le cadre de programmes mis en place par les gouvernements. Malgré ces avancées significatives, de nombreux défis persistent.
Chaque jour, plus de 100 millions d’enfants vivant dans des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire inférieur souffrent encore de la faim. Beaucoup se rendent à l’école le ventre vide, une situation qui affecte directement leur capacité de concentration et d’apprentissage. Dans les zones touchées par les conflits, la situation est encore plus préoccupante : les enfants y sont deux fois plus susceptibles d’être déscolarisés que dans les régions relativement stables. Pour de nombreux élèves, en particulier les filles, les repas scolaires représentent une véritable bouée de sauvetage. Ils contribuent à maintenir les enfants sur les bancs de l’école et participent à la prévention de phénomènes tels que le mariage précoce ou le travail des enfants.
Un investissement rentable dans le capital humain
Le Programme alimentaire mondial accompagne les gouvernements afin de garantir l’accès de tous les enfants d’âge scolaire à une alimentation adéquate à l’école. Les programmes de repas scolaires sont aujourd’hui considérés comme un investissement stratégique dans le capital humain. Selon certaines estimations, chaque dollar investi dans ces programmes peut générer jusqu’à 35 dollars de bénéfices économiques et sociaux.
Au-delà de la salle de classe, leurs effets sont multiples. Ils permettent d’améliorer l’assiduité et les performances scolaires tout en apportant aux enfants les nutriments essentiels à leur croissance et à leur santé. Ils encouragent également l’adoption de meilleures habitudes alimentaires. Ces programmes contribuent aussi à l’autonomisation des filles, en facilitant leur accès et leur maintien à l’école. Par ailleurs, lorsque les repas scolaires sont préparés à partir de produits locaux, ils soutiennent les petits exploitants agricoles, stimulent les économies locales et participent à la construction de systèmes alimentaires plus durables.
Un impact mondial en expansion
À l’échelle internationale, les programmes de repas scolaires continuent de se développer. En 2024, le Programme alimentaire mondial a directement aidé 20 millions d’enfants dans 61 pays, notamment grâce à des distributions de rations à emporter et à des transferts monétaires destinés aux familles.
Dans la plupart des cas, ces programmes sont désormais largement pris en charge par les États eux-mêmes. Jusqu’à 99 % des coûts sont financés par les gouvernements nationaux, tandis que le Pam apporte principalement un appui technique. Au total, l’organisation a déjà collaboré avec plus de 100 pays pour mettre en place des programmes de repas scolaires durables. Parmi eux, plus de 50 sont aujourd’hui entièrement gérés au niveau national.
Une ambition mondiale à l’horizon 2030
Face aux défis nutritionnels et éducatifs, le Programme alimentaire mondial affiche une ambition claire : permettre à chaque enfant de recevoir un repas sain à l’école d’ici 2030. Pour atteindre cet objectif, l’organisation mise notamment sur le renforcement des capacités nationales, l’intégration d’approches sensibles au genre et adaptées aux défis climatiques, ainsi que l’élargissement de la Coalition pour les repas scolaires.
Cette coalition regroupe déjà plus de 100 gouvernements et plus de 140 partenaires engagés dans la promotion de l’alimentation scolaire à l’échelle mondiale. Le Pam poursuit également son plaidoyer en faveur d’un accroissement des investissements dans ces programmes, considérés comme un pilier des politiques de protection sociale, d’éducation et de transformation des systèmes alimentaires. L’objectif demeure clair : faire en sorte qu’aucun enfant ne soit contraint d’aller à l’école le ventre vide.

