Les USA veulent retirer la citoyenneté à un Nigérian pour une fraude de 91 M $

Le département de la Justice des États‑Unis a déposé, mercredi 18 mars 2026, une plainte civile auprès du tribunal de district des États‑Unis à Baltimore (Maryland) pour tenter de révoquer la citoyenneté américaine d’Emmanuel Oluwatosin Kazeem, un ressortissant nigérian accusé d’avoir orchestré un vaste stratagème de vol d’identité et de fraude fiscale visant plus de 259 000 victimes et plus de 91 millions de dollars de remboursements d’impôts frauduleux.

Selon le communiqué de presse publié jeudi 19 mars 2026, l’accusation, déposée par la division civile du ministère de la Justice (DOJ), affirme que Kazeem a obtenu sa citoyenneté par fraude et dissimulation de ses activités criminelles, et que les autorités cherchent à faire annuler ce statut.

Enquête et accusations

Le DOJ affirme que Kazeem a dirigé un réseau complexe de fraude fiscale et de vol d’identité, utilisant des données personnelles volées pour déposer des déclarations fiscales électroniques frauduleuses auprès de l’Internal Revenue Service (IRS). 10 139 déclarations fédérales frauduleuses, cherchant à obtenir plus de 91 millions de dollars en remboursements, ont été rattachées à cette conspiration, dont environ 11,6 millions de dollars ont été effectivement perçus illicitement par des moyens frauduleux.

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Les enquêteurs ont découvert que des informations personnelles d’identification (noms, numéros de sécurité sociale, dates de naissance) de plus de 259 000 victimes avaient été utilisées dans cette opération. Les autorités fédérales ont saisi, lors de perquisitions dans plusieurs États, des milliers de pièces à conviction, notamment des cartes de débit prépayées, des appareils électroniques et des mandats‑poste associés à ce réseau.

Kazeem aurait également acheté plus de 91 000 identités auprès d’un pirate informatique vietnamien, tirées d’une base de données privée appartenant à une entreprise d’Oregon qui fournissait des vérifications préalables à l’embauche et des vérifications de casier judiciaire à des milliers de clients.

Condamnation antérieure et démarche de dénaturalisation

En 2017, Emmanuel O. Kazeem avait déjà été condamné pour 19 chefs d’accusation, dont fraude postale et électronique, vol aggravé d’identité et complot en vue de commettre des infractions fédérales, et avait été condamné à 15 ans de prison. Toutefois, il n’a purgé que six ans avant que le président de l’époque, Joe Biden, ne réduise sa peine en décembre 2024. 

Dans la plainte civile déposée cette semaine, le gouvernement américain soutient que les actes frauduleux commis avant et après sa naturalisation l’ont disqualifié du droit à la citoyenneté légale, notamment parce qu’il avait conclu un mariage simulé pour obtenir le statut de résident permanent, ce qui constitue à lui seul un motif de refus de naturalisation.

Une porte‑parole de la division civile du DOJ a déclaré que l’administration considérait que la citoyenneté américaine était un privilège, et que les tribunaux devraient pouvoir révoquer un statut obtenu par fraude ou tromperie.

Conséquences et prochaines étapes

La plainte doit encore être examinée par le tribunal fédéral à Baltimore, où un juge devra décider si les éléments présentés par le DOJ sont suffisants pour annuler la naturalisation de Kazeem. Si la dénaturalisation est confirmée, cela pourrait ouvrir la voie à une procédure d’expulsion ou à d’autres mesures à l’encontre du ressortissant nigérian.

Outre les poursuites civiles actuelles, Kazeem avait déjà été condamné à verser plus de 12 millions de dollars en indemnisation à certaines victimes dans le cadre de son procès pénal.

La procédure civile de dénaturalisation se déroule actuellement devant la cour fédérale de Baltimore, sans calendrier public pour une éventuelle audience ou décision finale. Les autorités ont indiqué que le cas serait traité par l’unité de contentieux de l’immigration du DOJ, mais aucune date précise n’a été annoncée à ce stade.

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