L'Iran menace de frapper les hôtels du Golfe hébergeant des militaires américains

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a mis en demeure jeudi 26 mars les hôtels des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) de refuser toute réservation aux militaires américains, sous peine de voir leurs établissements classés comme cibles militaires. Le même jour, les Gardiens de la révolution (CGRI) ont enjoint aux civils de la région de quitter d’urgence les zones où des soldats américains sont logés.

Dans un post publié sur X, Araghchi accuse Washington d’avoir redéployé ses troupes dans des hôtels et des bureaux civils après que les frappes iraniennes ont rendu plusieurs bases militaires inhabitable : «Depuis le début de cette guerre, les soldats américains ont fui les bases militaires du CCG pour se cacher dans des hôtels et des bureaux. Ils utilisent les citoyens du Golfe comme boucliers humains.» Le chef de la diplomatie iranienne s’appuie sur un rapport du New York Times publié deux jours plus tôt, révélant qu’au moins 13 installations militaires américaines dans la région ont été endommagées ou détruites, forçant le commandement central américain à disperser des milliers de soldats vers des sites temporaires.

Un ultimatum visant Bahreïn et les Émirats arabes unis

L’agence semi-officielle iranienne Fars News est allée plus loin en rapportant qu’Iran aurait lancé un ultimatum aux propriétaires d’hôtels au Bahreïn et aux Émirats arabes unis, les avertissant que tout établissement accueillant du personnel militaire étranger deviendrait une cible légitime. Des présences américaines auraient également été établies dans des hôtels de Damas — dont le Four Seasons et le Sheraton — ainsi qu’à proximité de l’aéroport de Beyrouth, selon la même source.

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Ces déclarations interviennent alors que des hôtels du Golfe ont déjà été touchés depuis le déclenchement du conflit le 28 février. Un drone iranien de type Shahed avait frappé les abords du Fairmont The Palm à Dubaï dès le premier jour des hostilités, blessant quatre personnes. À Manama, le Crowne Plaza avait été atteint début mars, blessant deux employés du département américain de la Défense selon un câble diplomatique consulté par le Washington Post.

Les civils appelés à signaler les positions américaines

Les Gardiens de la révolution ont publié vendredi sur leur site officiel Sepah News un appel direct aux populations d’Asie de l’Ouest, les exhortant à «quitter immédiatement les zones où des forces américaines sont stationnées». Le CGRI avait précédemment diffusé via l’agence Tasnim un message invitant les civils à signaler les positions des soldats américains via un canal Telegram dédié, présentant cette démarche comme un «devoir islamique».

Selon Human Rights Watch, qui a publié un rapport le 17 mars, les frappes iraniennes ont déjà touché des immeubles résidentiels, des hôtels, des aéroports civils et des centres financiers au Bahreïn, au Koweït, au Qatar, en Arabie saoudite et aux Émirats, qualifiant ces attaques d’illégales au regard du droit international humanitaire.

Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi une pause de dix jours sur les frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes, invoquant des négociations en cours, une suspension valable jusqu’au 6 avril 2026.

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