Mali : Bamako lance une brigade spéciale pour reprendre le contrôle de son or

Le Conseil des ministres du Mali a adopté, le 11 mars 2026, des textes créant la Brigade spéciale des mines, une unité nationale investie de pouvoirs de police judiciaire pour mettre fin aux infractions persistantes dans le secteur aurifère.

Une unité judiciaire face à des infractions de plus en plus structurées

Le communiqué officiel du gouvernement malien identifie plusieurs fléaux : orpaillage clandestin, trafic illicite de substances minérales, utilisation de produits chimiques prohibés et atteintes graves à l’environnement. Présentant les textes au Conseil, le ministre des Mines a justifié la création de la Brigade par le fait que ces pratiques « présentent de plus en plus un caractère structuré », malgré les actions de répression menées depuis 2020.

La Brigade aura compétence nationale et sera chargée d’assurer la police judiciaire des mines et de participer à la protection et à la sécurisation des sites d’orpaillage et de carrière. Elle découle du code minier adopté en août 2023, qui vise à augmenter la part de l’État dans les revenus du secteur.

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Un secteur sous pression depuis plusieurs années

Le secteur minier représente une part stratégique de l’économie malienne. Selon l’Agence de Presse Africaine (APAnews), l’or représentait en 2022 environ 75 % des recettes d’exportation du pays. La production a néanmoins chuté de 23 % en 2024, passant de 66,5 à 51 tonnes, en partie à cause de différends entre Bamako et plusieurs compagnies minières.

Dès mars 2025, le président de la Transition, le général Assimi Goïta, avait ordonné des limogeages de préfets, sous-préfets et responsables sécuritaires jugés défaillants dans la supervision des sites miniers, après des éboulements mortels à Bilalkoto et Kangaba. En janvier 2025, plusieurs fonds sectoriels avaient été créés : un fonds de réhabilitation des sites abandonnés, un fonds de promotion minière financé par les compagnies, et des dispositifs dédiés aux infrastructures et à la recherche géologique.

Une réforme en cascade depuis le code minier de 2023

La Brigade spéciale des mines complète une série de réformes engagées depuis l’adoption du code minier d’août 2023. Ce texte a renforcé le contrôle étatique sur les ressources du sous-sol et accordé la priorité aux entreprises et travailleurs maliens dans les projets d’extraction. En 2024, la première mine de lithium d’Afrique a été inaugurée à Goulamina, positionnant le Mali comme acteur de la transition énergétique mondiale.

Les textes adoptés le 11 mars 2026 doivent encore préciser les modalités concrètes de fonctionnement de la Brigade — effectifs, chaîne de commandement, ressources — des éléments qui devraient figurer dans les décrets d’application attendus après publication au Journal officiel.

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