Accusée de laisser des groupes terroristes opérer depuis son territoire, la Mauritanie a choisi l’offensive diplomatique. Plutôt que de se limiter à démentir, Nouakchott a ouvert ses portes à une vérification sur le terrain.
De source diplomatique, la Mauritanie a proposé d’accueillir une commission d’enquête malienne, ou de l’Alliance des États du Sahel (AES), pour répondre aux accusations de Bamako selon lesquelles elle servirait de base arrière aux groupes terroristes actifs au Mali. L’offre intervient dans un cadre de vive tension bilatérale entre les deux pays.
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La crise a éclaté le 16 mars 2026, lorsque les autorités maliennes ont affirmé que deux militaires des Forces armées du Mali (FAMa), retenus en otages, s’étaient échappés d’un camp de réfugiés situé en territoire mauritanien dans la nuit du 13 au 14 mars. Nouakchott a aussitôt qualifié ces accusations d’« infondées » et « émises sans la moindre preuve », avant de formuler sa proposition de commission d’enquête.
Désescalade en cours
Les signaux d’apaisement se multiplient. Le 17 mars 2026, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a reçu en audience le chargé d’affaires de l’ambassade de Mauritanie à Bamako, réaffirmant la nécessité de renforcer la coopération bilatérale entre les deux pays.
Selon une source sécuritaire malienne, le dossier serait désormais « clos ». Une source diplomatique mauritanienne confirme que Bamako désamorce, évoquant un désaccord interne entre le chef de la diplomatie malienne et l’état-major des armées.
La proposition mauritanienne d’une commission d’enquête n’a, pour l’heure, reçu aucune réponse officielle de la part du gouvernement malien ni de l’AES.
