Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a annoncé le 10 mars 2026 que l’Espagne ne participera pas à la doctrine de dissuasion nucléaire avancée proposée par la France. Cette prise de position, exprimée dans une interview accordée à elDiario.es, intervient huit jours après le discours fondateur d’Emmanuel Macron à la base sous-marine de l’Île Longue, en Bretagne.
Le 2 mars 2026, le président français avait annoncé depuis ce site stratégique une révision majeure de la doctrine nucléaire nationale : augmentation du nombre de têtes de l’arsenal français — actuellement inférieur à 300 —, ouverture aux alliés européens d’une participation aux exercices de dissuasion, et possibilité de déploiements circonstanciels de forces stratégiques françaises sur le territoire de ces alliés. Huit pays ont accepté cette proposition : le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark, selon les déclarations de l’Élysée. La décision ultime d’emploi de l’arme nucléaire reste, dans tous les cas, la prérogative exclusive du président français.
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Pour justifier le refus espagnol, Sánchez a rappelé l’expiration du traité New START, survenue dans la nuit du 4 au 5 février 2026 sans qu’un accord de remplacement n’ait été négocié entre Washington et Moscou — une première depuis plus d’un demi-siècle selon le SIPRI. Il a également évoqué son appel lancé à la Conférence de Munich sur la sécurité, où il avait demandé aux puissances nucléaires d’engager des négociations pour un nouveau traité de limitation des arsenaux. «Nous ne voulons pas d’un monde plus nucléaire, nous ne voulons pas d’une Europe nucléarisée. Par conséquent, nous ne participerons pas à ce projet», a-t-il déclaré.
L’Espagne isolée parmi les grands partenaires de Paris
La position espagnole tranche avec celle des principaux alliés continentaux de la France. L’Allemagne, qui figure parmi les huit pays participants, a annoncé la création d’un groupe de pilotage nucléaire bilatéral franco-allemand. Le Premier ministre polonais Donald Tusk avait pour sa part confirmé publiquement, dès le 2 mars, l’engagement de Varsovie dans des discussions sur le programme de dissuasion avancée.
L’Espagne n’ayant formulé aucune réserve au sein de l’OTAN sur la doctrine nucléaire de l’Alliance — à laquelle Madrid adhère —, sa position ne remet pas en cause sa participation au cadre collectif existant. La conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), prévue au printemps 2026, constituera la prochaine échéance internationale sur ces questions.
« Sánchez refuse de rejoindre l’initiative de Macron »
En voilà un qui a compris que toutes les initiatives de Macron tournent en eau de boudin. Bravo monsieur l’espagouin