Offensive terrestre en Iran : ce que l'on sait des plans américains

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a accusé dimanche 29 mars les États-Unis de préparer en secret une offensive terrestre contre l’Iran, alors que des négociations se poursuivent en parallèle pour mettre fin au conflit déclenché le 28 février par des frappes américano-israéliennes. La déclaration, diffusée par l’agence officielle IRNA, intervient au lendemain de révélations du Washington Post sur des plans militaires élaborés au Pentagone.

« L’ennemi envoie publiquement des messages de négociation et de dialogue, tout en planifiant secrètement une offensive terrestre », a déclaré Ghalibaf, ajoutant que les forces iraniennes étaient prêtes à affronter des soldats américains sur le terrain.

Le Pentagone prépare des options au sol

Selon le Washington Post, des commandants militaires américains de haut rang auraient soumis des demandes spécifiques pour assurer la disponibilité opérationnelle de leurs unités en vue d’éventuelles opérations terrestres en Iran. CBS News rapporte que ces plans impliqueraient des raids conduits par des forces spéciales et d’autres soldats, sans invasion à grande échelle. Plusieurs unités d’élite, dont la 82e division aéroportée de l’US Army, seraient en cours de mobilisation, selon le Wall Street Journal. Des sites de détention pour d’éventuels prisonniers iraniens et membres de groupes paramilitaires auraient également été identifiés.

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Donald Trump n’a pas exclu l’envoi de troupes au sol si les objectifs militaires fixés ne sont pas atteints, affirmant que « toutes les options restent sur la table ». Trois navires de guerre transportant environ 2 200 marines auraient quitté la Californie cette semaine, selon deux responsables américains cités par des médias américains.

La prise de l’île de Kharg, une option envisagée

Des médias américains évoquent la possibilité d’une opération visant l’île iranienne de Kharg, point de départ de près de 90 % des exportations de brut iranien, afin de contraindre Téhéran à rouvrir le détroit d’Ormuz. Cette option illustre la dimension économique des calculs militaires américains, le détroit étant un corridor vital pour environ 20 % du commerce pétrolier mondial.

La diplomatie n’est pas pour autant suspendue. Le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré vendredi que Washington prévoyait la fin des opérations aériennes « dans les deux prochaines semaines ». Des discussions réunissant les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, d’Arabie saoudite, d’Égypte et de Turquie ont débuté dimanche à Islamabad, le Pakistan jouant le rôle d’intermédiaire entre Washington et Téhéran. Aucune date de reprise de négociations directes n’a été annoncée.

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