ONU : Macky Sall pourrait-il profiter du revers de Bachelet pour le poste de secrétaire ?

Le revers diplomatique de Michelle Bachelet pourrait redessiner les équilibres dans la course au poste de secrétaire général de l’ONU, où l’ancien président sénégalais Macky Sall consolide son positionnement. Le Chili a retiré mardi 24 mars 2026 son soutien à Bachelet, affaiblissant la candidature de l’ancienne présidente chilienne au moment où les rapports de force se reconfigurent entre les principaux prétendants.

Le retrait chilien affaiblit Bachelet

Le ministère chilien des Affaires étrangères a annoncé l’abandon du soutien à Bachelet en estimant sa candidature non viable. Cette décision intervient après l’investiture, le 11 mars, du président José Antonio Kast, dont l’orientation conservatrice contraste avec le positionnement de gauche de Bachelet. Le gouvernement s’est également engagé à rester neutre dans le processus électoral, rejetant tacitement l’appui accordé par son prédécesseur Gabriel Boric.

Bachelet a déclaré poursuivre sa candidature avec le soutien du Brésil et du Mexique, affirmant que « les valeurs et les principes qui ont marqué [sa] vie » l’amèneraient « à relever ce défi avec responsabilité et conviction ». Cependant, l’absence du poids politique du Chili réduirait sensiblement ses perspectives. Selon la tradition de rotation géographique, le poste devrait ensuite aller à un candidat latino-américain, ce qui pourrait avantager d’autres prétendants de la région.

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Les autres candidats face à des défis distincts

Rafael Grossi, diplomate chevronné à la tête de l’AIEA depuis 2019, cherche à s’appuyer sur son expérience en matière de dossiers sensibles liés au nucléaire. Sa candidature pourrait bénéficier de l’appui d’une certaine tradition diplomatique favorisant l’Amérique latine, mais ses positions tranchées sur le dossier iranien et ukrainien semblerait le rendre potentiellement vulnérable à d’éventuels vetos.

Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la CNUCED, a été proposée par le Costa Rica, tandis que Virginia Gamba, ancienne représentante spéciale pour les enfants dans les conflits armés, a été présentée par les Maldives. Ces deux candidatures semblerait moins structurées que celles de Bachelet ou Grossi, concentrant leurs soutiens sur des régions géographiquement plus limitées.

Macky Sall : atouts continentaux et obstacles domestiques

L’ancien chef d’État sénégalais se trouverait cependant confronté à un défi majeur : l’absence de soutien officiel de son propre pays. Un collectif se présentant comme des victimes de la répression sous Macky Sall a annoncé s’opposer à sa candidature, l’accusant de « crimes de sang et économiques ». Le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Niang, a déclaré que le Sénégal « n’a pas été associé à cette démarche ». Les nouvelles autorités sénégalaises avaient annoncé en août 2025 avoir ouvert des enquêtes « sur les crimes contre l’humanité » présumés commis lors des violences entre 2021 et 2024 sous Macky Sall.

Malgré ces obstacles, Macky Sall conserve des atouts importants. Fort de son expérience diplomatique, notamment lors de sa présidence de l’Union africaine en 2022, il s’est montré sur des dossiers internationaux comme l’accès des pays africains aux droits de tirage spéciaux du FMI et la revendication d’un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. L’absence de rival africain majeur pourrait renforcer son poids, tout comme le soutien de partenaires internationaux. Le parrainage du Burundi, porté par le président Évariste Ndayishimiye et président en exercice de l’Union africaine, renforcerait également sa stature. L’élection est prévue en 2026 pour une prise de fonction en 2027.

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