Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a réagi publiquement aux informations évoquant des emprunts non déclarés contractés par l’État du Sénégal. Cette prise de position intervient après la publication, le 23 mars 2026, d’un article du Financial Times faisant état de financements mobilisés sans communication officielle.
Dans une déclaration postée sur X (ancien twitter), le membre du gouvernement a contesté ces affirmations, affirmant que le Sénégal a honoré ses engagements financiers dans les délais prévus et sans recourir à des pratiques dissimulées.
Une réponse directe aux accusations relayées
Cheikh Tidiane Dièye a mis en cause la lecture faite de l’article du Financial Times, estimant que les conclusions tirées étaient erronées. Il a rejeté l’idée d’emprunts non déclarés, tout en défendant la gestion actuelle de la dette publique.
« Aucun emprunt n’a été caché. Tout a été programmé dans la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme (SDMT), inscrit dans les lois de finances et approuvé par l’Assemblée nationale », a-t-il déclaré.
Selon le ministre, les opérations financières évoquées relèvent de mécanismes connus et intégrés dans les outils de planification budgétaire de l’État. Il a également indiqué que ces instruments avaient été présentés aux partenaires financiers du Sénégal, notamment au Fonds monétaire international.
Des instruments financiers déjà présentés aux autorités
Le ministre a précisé que les opérations de marché réalisées par l’État figurent dans le plan de financement pour l’année 2025. Il a notamment évoqué l’utilisation d’instruments comme les « Total Return Swaps », qui permettent d’ajuster les conditions de financement et de gestion de la dette.
Ces mécanismes s’inscrivent dans une stratégie de gestion active visant à optimiser les échéances et les coûts liés à l’endettement. Leur utilisation avait déjà été mentionnée dans les échanges entre le gouvernement et les partenaires techniques et financiers.
Le recours à ces outils ne constitue pas, selon les autorités, une dissimulation, mais une pratique encadrée par les dispositifs existants et validée dans le cadre des lois de finances adoptées par le Parlement.
Une polémique alimentée par le débat politique
Les déclarations du ministre interviennent alors que des voix s’élèvent au sein de l’opposition pour demander des clarifications sur ces opérations. Le député Alassane Sall a notamment appelé à une transparence accrue sur les engagements financiers de l’État.
Le Financial Times évoquait, dans son article du 23 mars 2026, des emprunts portant sur plusieurs centaines de millions de dollars qui n’auraient pas été rendus publics. Ces informations ont relancé le débat sur la gestion de la dette et la communication autour des opérations financières.
Le gouvernement, de son côté, insiste sur la régularité des procédures suivies et sur la conformité des opérations aux cadres budgétaires et législatifs en vigueur.
Les échanges autour de ces questions devraient se poursuivre dans les prochains jours au sein des instances parlementaires, notamment lors des travaux de la Commission des Finances, appelée à examiner les orientations liées à la gestion de la dette publique.

