Musalia Mudavadi, secrétaire du Cabinet des Affaires étrangères du Kenya, s’est envolé pour Moscou le 15 mars 2026 afin de rencontrer les autorités russes et explorer les conditions de rapatriement des citoyens kenyans engagés dans le conflit ukrainien. Cette visite répond à l’amplification du recrutement de ressortissants kenyans dans l’armée russe, un phénomène que le gouvernement de Nairobi qualifie de pratique frauduleuse systématique.
Selon un rapport des services de renseignement kenyans divulgué en février 2026, plus de mille Kenyans combattraient actuellement aux côtés des troupes russes en Ukraine, dépassant largement les estimations antérieures de quelques centaines. Le mécanisme de recrutement repose sur des promesses d’emplois civils rémunérés entre 920 et 2 400 euros mensuels, une rémunération dépassant largement les salaires usuels au Kenya. Les candidats transitent par des tiers pays, notamment la Turquie et les Émirats arabes unis, avant d’être dirigés vers les structures de l’armée russe. Néanmoins, la Russie dément « piéger des Kenyans sous de faux prétextes ».
Rapatriement et prévention des nouveaux recrutements
Les entretiens de Mudavadi porteront sur la mise en place d’un processus coordonné permettant le retour sécurisé des Kenyans actuellement engagés. Le ministère kenyan des Affaires étrangères a précisé que les discussions viseront également à renforcer les mécanismes de prévention contre les pratiques de recrutement trompeuses. Le secrétaire du Cabinet intensifiera ses efforts pour obtenir des engagements directs des autorités russes en la matière.
Au-delà des enjeux humanitaires, la visite impliquera des entretiens bilatéraux avec Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, ainsi que d’autres responsables gouvernementaux chargés de l’éducation et du travail. Ces discussions élargies suggèrent que Nairobi entend aborder la question des Kenyans par des canaux institutionnels multiples.
Un bilan humain croissant
Au moment du rapport des renseignements kenyans, au moins 89 ressortissants combattaient au front, 39 autres recevaient des soins hospitaliers et 28 restaient portés disparus. Ces chiffres reflètent l’intensité du conflit et les risques physiques auxquels les recrues sont exposées. Le gouvernement considère que ces citoyens ont été enrôlés sous le couvert de fausses promesses d’emploi, les plaçant de facto dans une situation de vulnérabilité légale et personnelle.

