Sahel : « épicentre » du terrorisme mondial selon le Global Terrorism Index 2026

La région du Sahel concentre désormais près de la moitié des décès attribués aux actes de terrorisme dans le monde, selon l’indice mondial du terrorisme 2026 publié jeudi 19 mars par l’Institute for Economics and Peace (IEP). Sur 5 582 morts enregistrées globalement en 2025, quelque 2 700 ont été documentées au Sahel, confirmant pour la troisième année consécutive la position de la région comme principal foyer d’activités terroristes à l’échelle internationale.

Une concentration d’attaques sans précédent

Le rapport souligne un écart géographique dans les décès liés au terrorisme. En 2007, le Sahel ne représentait que 1 % des victimes mondiales. Depuis 2019, cette proportion a presque été multipliée par dix, signe d’une explosion de la violence dans la région. Si le Pakistan dépasse désormais le Burkina Faso comme pays le plus touché, l’ensemble du Sahel reste le principal foyer d’opérations terroristes. Le Niger suit cette tendance : passant de la cinquième place en 2024 à la troisième mondiale, il n’est devancé que par le Pakistan et le Burkina Faso.

Selon l’IEP, la majorité des attaques dans le Sahel sont menées par deux groupes principaux : l’État islamique et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une coalition djihadiste active au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Malgré des divisions internes et des rivalités, ces organisations conservent une influence sur les conflits dans la région.

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Le rapport GTI 2026 indique explicitement que six des dix pays les plus touchés par le terrorisme sont situés en Afrique subsaharienne, confirmant la concentration géographique de la violence terroriste dans cette région du Sahel et Afrique centrale / de l’Ouest.

Du Moyen-Orient à l’Afrique subsaharienne

L’IEP souligne un basculement stratégique majeur : « Au cours de la dernière décennie, l’épicentre du terrorisme s’est déplacé du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord vers l’Afrique subsaharienne, et plus particulièrement le Sahel. » Ce mouvement traduit l’affaiblissement des structures centralisées dans la région moyen-orientale, au profit d’une prolifération de cellules locales en Afrique de l’Ouest.

L’indice, qui classe 163 pays depuis treize ans, évalue l’impact du terrorisme à partir de quatre indicateurs : le nombre d’attaques, de décès, de blessés et d’enlèvements. Cette méthodologie permet de comparer année après année les tendances régionales.

Même si le nombre total de victimes sahéliennes a légèrement reculé entre 2024 et 2025, la région reste le principal foyer mondial du terrorisme. Les projections pour 2026 indiquent que, sans changement significatif, cette domination pourrait se poursuivre.

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