Un tribunal suédois a officiellement mis en examen, lundi 30 mars, un homme d’une soixantaine d’années originaire d’Ångermanland, dans le nord de la Suède, pour proxénétisme aggravé, viols répétés et agressions sexuelles contre son épouse. Selon SVT Nyheter, l’acte d’accusation déposé devant le tribunal d’Ångermanland détaille une exploitation sexuelle qui aurait duré trois ans et demi, entre août 2022 et octobre 2025.
L’accusé aurait organisé la vente des services sexuels de son épouse à plus de 120 hommes différents, en publiant des annonces en ligne, en tenant un registre de réservations et en coordonnant les rendez-vous via SMS et agenda numérique. La procureure en charge du dossier, Ida Annerstedt, indique que le nombre total de transactions sexuelles présumées s’élèverait à plusieurs centaines sur l’ensemble de la période. Vingt-six acheteurs présumés ont déjà été inculpés, d’autres poursuites étant attendues avant l’ouverture du procès.
Des menaces de mort figurent dans l’acte d’accusation
L’acte d’accusation dépasse le seul cadre du proxénétisme. L’homme est également poursuivi pour huit viols, dont l’un commis en présence d’un client, ainsi que pour quatre tentatives de viol. Selon SVT Nyheter, le document judiciaire précise que l’accusé aurait menacé de tuer son épouse, de l’asperger d’essence, de la brûler et de lui couper les doigts. L’homme, qui a changé de nom à deux reprises pour s’appeler successivement Elgstrand puis Runsten, nie l’ensemble des faits. Son avocate, Martina Michaelsdotter Olsson, le présente comme un simple « administrateur » agissant avec le consentement de son épouse.
C’est la victime elle-même qui a alerté la police à l’automne 2024, permettant l’arrestation de son mari fin octobre. L’enquête a été reconstituée à partir de données extraites de téléphones saisis, de paiements Swish retracés et d’enregistrements vidéo. Selon la chaîne publique SVT, l’accusé était un ancien cadre des Hells Angels MC Stockholm et faisait parallèlement l’objet de poursuites pour infractions comptables graves devant le tribunal d’Attunda.
Un procès attendu à partir du 13 avril
La loi suédoise, qui criminalise l’achat de services sexuels depuis 1999 — y compris les transactions réalisées en ligne depuis un durcissement récent de la législation —, expose l’accusé principal à une peine comprise entre deux et dix ans d’emprisonnement en cas de condamnation pour proxénétisme aggravé. Les acheteurs de services sexuels poursuivis risquent jusqu’à un an de prison. Le procès devant le tribunal d’Ångermanland doit s’ouvrir le 13 avril prochain.
