Trump face au piège de sa propre politique migratoire : le virage discret qui agite Washington

Depuis janvier 2025, l’administration Trump a fait de l’expulsion massive des sans-papiers le symbole de son second mandat. Quatorze mois plus tard, selon le Wall Street Journal, le président républicain reconnaîtrait en privé que cette politique est « allée trop loin » — un aveu qui intervient alors que les midterms de novembre 2026 approchent.

Le recul serait avant tout rhétorique. La cheffe de cabinet Susie Wiles et le sous-chef de cabinet adjoint James Blair auraient demandé aux élus républicains de ne plus utiliser l’expression « expulsions massives » et de recentrer le discours sur l’arrestation des criminels violents. La Maison-Blanche a cependant démenti tout changement de politique, affirmant que la « priorité absolue » de Donald Trump demeure l’expulsion des étrangers en situation irrégulière ayant commis des délits.

Des familles brisées à travers tout le pays

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Sur le terrain, le bilan humain des opérations de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) est lourd. Selon une enquête de CNN, plus de cent enfants américains — de la naissance à l’adolescence — se sont retrouvés sans parents à la suite de rafles menées dans des fermes, des usines ou aux abords d’écoles. Certains ont été confiés à des voisins ou à des inconnus.

L’ampleur des arrestations dépasse les seuls sans-papiers sans titre légal. Selon les données compilées par le Deportation Data Project, le nombre de personnes détenues sans casier judiciaire a bondi de 12 000 % entre janvier et juin 2025 — passant d’environ 800 à plus de 11 700. Plus de 70 % des personnes placées en détention par l’ICE n’ont aucun antécédent criminel.

Un garçon de quatre ans atteint d’un cancer du rein au stade 4, citoyen américain, a été expulsé sans médicaments avec sa mère, qui vivait aux États-Unis depuis plus d’une décennie. Le conseiller à la frontière de Trump, Tom Homan, avait alors défendu la décision devant la BBC : « Avoir un enfant citoyen américain ne vous immunise pas contre nos lois. »

Un ralentissement opérationnel, pas un arrêt

Les chiffres des arrestations montrent une inflexion. Selon le Wall Street Journal, les interpellations quotidiennes de l’ICE sont tombées à environ 1 200 par jour, contre plus de 1 500 au pic des opérations au début 2025. Les grands raids dans les métropoles démocrates auraient été mis en suspens, sans que l’administration confirme leur abandon définitif.

En septembre 2025, l’ICE a enregistré un record de 1 464 vols d’expulsion en un seul mois, soit 49 par jour en moyenne, avec des individus systématiquement menottés, entravés aux chevilles et à la taille, y compris lors des escales.

Les midterms du 5 novembre 2026 constitueront le premier test électoral de cette politique. Les républicains devront défendre leur majorité à la Chambre des représentants dans des circonscriptions où la question migratoire divise autant qu’elle mobilise.​​​​​​​​​​​​​​​​

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