Le 9 mars, un britannique âgé de 60 ans a été arrêté à Dubaï. La police locale l’accuse d’avoir filmé et partagé des vidéos de frappes de missiles visant la ville. Selon certaines organisations de défense des ressortissants étrangers, l’individu risquerait jusqu’à deux ans de prison, cette infraction étant requalifiée de “cybercriminalité”.
Plus spécifiquement, le sexagénaire aurait filmé les répercussions d’une frappe de missiles iraniens sur la ville. La vidéo aurait ensuite été diffusée sur les réseaux sociaux, en plus d’être conservée sur son téléphone. Il a été formellement accusé de perturber l’ordre public. Soucieux de coopérer avec les autorités, il a supprimé les images de son smartphone immédiatement après avoir été interpellé.
Un homme de 60 ans interpellé après avoir filmé et diffusé des vidéos de tirs de missiles iraniens
Depuis le début de la guerre en Iran, Dubaï est visée par de nombreux tirs iraniens. Les aurorités, soucieuses de ne pas impacter l’image de la ville, ont imposé aux locaux, touristes et influenceurs de ne pas filmer les tirs de missiles ou leurs impacts, sous peine d’être emprisonné. Dans un contexte de tensions régionales, les autorités affirment ne pas vouloir partager de contenu sensible pouvant heurter les sensibilités.
Les peines prévues incluent des amendes importantes et des peines de prison pouvant atteindre deux ans. C’est notamment le cas de ce touriste britannique qui, depuis, a été placé en détention au commissariat de Bur Dubai. Aucune communication supplémentaire n’a été effectuée à son sujet.
Le crime d’atteinte à la réputation du pays, potentiellement plus grave
S’il venait à être jugé pour “atteinte à la réputation du pays” et non plus pour cybercriminalité, ce touriste risquerait jusqu’à cinq ans de prison et près de 200 000 euros d’amende. Les organisations de soutien aux expatriés, notamment “Detained in Dubai”, tenteront de lui venir en aide avec l’appui du gouvernement britannique.
