Une policière française enlevée puis torturée au Suriname

Une fonctionnaire de la police aux frontières (PAF), âgée de 21 ans, a été kidnappée vendredi soir à Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane française, avant d’être emmenée de force au Suriname où elle a subi des violences physiques répétées. L’affaire a été rendue publique samedi par France Guyane, qui a rapporté les conditions de séquestration de la jeune femme.

Selon France Guyane, la policière a été contrainte d’embarquer en pirogue avec ses ravisseurs pour traverser le fleuve Maroni, frontière naturelle entre la France et le Suriname. Une fois sur l’autre rive, elle a été retenue dans une villa, attachée à un arbre et fouettée à plusieurs reprises. Des vidéos de l’enlèvement, diffusées sur les réseaux sociaux, montrent la jeune femme contrainte d’embarquer en pirogue avec ses ravisseurs en direction du Suriname.

Un oncle policier traverse le fleuve pour la ramener

C’est un membre de sa famille, son oncle, lui-même policier, qui a traversé le Maroni pour récupérer la victime sur le territoire surinamais. La fonctionnaire a regagné Saint-Laurent-du-Maroni le samedi matin et a été immédiatement prise en charge par les services médicaux. Son pronostic vital n’est pas engagé.

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La procureure de la République de Cayenne, Aline Clérot, a confirmé la prise en charge de la victime et indiqué qu’une association d’aide aux victimes avait été sollicitée en urgence. La section de recherches de la gendarmerie de Cayenne a été saisie de l’enquête.

Le mobile de l’enlèvement reste indéterminé

Aucune piste n’est formellement écartée par le parquet. Selon une source citée par France Guyane, l’enlèvement pourrait être lié à une agression antérieure survenue à coups de tesson de bouteille devant une salle de sport — une hypothèse qui reste au conditionnel, le mobile officiel n’ayant pas été établi à ce stade.

Saint-Laurent-du-Maroni, deuxième ville de Guyane, constitue le principal point de passage entre la France et le Suriname sur le fleuve Maroni. La zone est classée parmi les territoires prioritaires en matière de sécurité par les autorités françaises, en raison notamment de la persistance des trafics transfrontaliers. Les investigations de la section de recherches de la gendarmerie sont en cours. Aucun suspect n’a été annoncé en garde à vue à ce stade.

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