AES: à Lomé, le Président de Commission nationale réaffirme la souveraineté de l’alliance

Le président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel (CN-CES), Bassolma Bazié, a pris la parole mardi à Lomé lors d’une réunion de haut niveau consacrée à l’élaboration d’une nouvelle stratégie pour le Sahel. Devant des responsables africains, dont des représentants de la CEDEAO et de l’Union africaine, il a réaffirmé la position souverainiste des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Critiques des rapports internationaux et défense des choix sécuritaires

Au cours de son intervention, le responsable burkinabè a contesté la fiabilité de certains rapports produits par des organisations internationales, notamment dans le domaine des droits humains. Il a mis en cause leurs méthodes de collecte d’informations, estimant qu’elles ne reposeraient pas toujours sur des vérifications suffisantes. Une critique a également été formulée à l’égard de certaines terminologies utilisées pour qualifier les groupes armés opérant dans la région.

« Le combat mené au Sahel n’est pas une aumône de souveraineté, mais une conquête », a déclaré Bassolma Bazié, dénonçant des pressions extérieures en matière de gouvernance. Il a par ailleurs évoqué l’existence supposée de projets visant des dirigeants sahéliens, sans avancer d’éléments publics permettant d’étayer ces affirmations.

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Sur le plan sécuritaire, il a insisté sur la volonté des États de l’AES de renforcer leurs capacités militaires et de diversifier leurs partenariats afin de consolider leur autonomie. Il a également salué le rôle du Togo dans le maintien des échanges régionaux, notamment en matière d’accès à certains équipements.

Bilan national et priorités affichées

S’exprimant aussi sur la situation interne du Burkina Faso, Bassolma Bazié a présenté plusieurs actions engagées depuis 2022 sous l’autorité du capitaine Ibrahim Traoré. Il a notamment évoqué la mobilisation financière de la population, le développement de dispositifs sanitaires comme les cliniques mobiles, ainsi que des mesures de soutien au secteur agricole et aux producteurs.

Le responsable a également critiqué les appels à un retour rapide à un ordre constitutionnel classique, jugeant ce modèle inadapté aux réalités locales selon ses propos. Il a réaffirmé l’objectif des pays de l’AES de poursuivre une trajectoire autonome sur les plans politique, économique et sécuritaire.

Une alliance régionale en phase de structuration

Créée en septembre 2023 par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, l’Alliance des États du Sahel reposait initialement sur une coopération militaire face aux groupes armés. Les trois pays ont depuis engagé un processus de coordination plus large, incluant des volets politiques et économiques.

Cette dynamique s’est accompagnée de décisions marquantes, dont l’annonce de leur retrait de la CEDEAO en janvier 2024, avec pour objectif affiché de renforcer leur marge de manœuvre dans la gestion des enjeux sécuritaires et institutionnels. Les discussions engagées à Lomé devraient se poursuivre dans les prochains mois afin de préciser les orientations communes de cette stratégie régionale en cours d’élaboration.

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