Après les insultes de Trump, Tucker Carlson lui "accorde sa grâce"

Tucker Carlson a répondu vendredi 10 avril aux attaques personnelles lancées la veille par le président américain Donald Trump, qui l’avait qualifié de « fou furieux » à « faible QI » dans un long message publié sur Truth Social. La Tucker Carlson Network, le réseau indépendant fondé par l’ancien animateur de Fox News après son départ de la chaîne en 2023, a choisi de répondre non par des contre-attaques, mais par une posture de retenue assumée.

« Plutôt que de s’engager dans des attaques personnelles mesquines, nous voulons accorder au président une certaine grâce », indique la newsletter matinale du réseau. Le texte ajoute que Trump « n’aurait pas abandonné ses promesses de campagne à moins que ses enjeux personnels ne soient vraiment élevés », avant de conclure : « Nous espérons qu’il s’en sortira. »

Une rupture consommée depuis le début de la guerre en Iran

La brouille entre Carlson et Trump remonte au déclenchement des frappes américano-israéliennes contre l’Iran, officiellement engagées le 28 février 2026. Carlson avait alors révélé avoir rencontré le président à trois reprises dans le mois précédant le début du conflit pour tenter de l’en dissuader, sans résultat. Il affirme ne plus avoir eu de contact avec lui depuis.

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La rupture publique s’est accélérée le jour de Pâques, quand Trump a publié sur Truth Social un message menaçant de détruire des infrastructures civiles iraniennes, conclu par la formule « Praise be to Allah ». Carlson avait alors qualifié les propos de « vils à tous les égards », estimant que le président menaçait de commettre « un crime moral contre le peuple iranien ».

L’attaque de Trump et les autres réponses

Jeudi soir, Trump avait ciblé dans un même post Carlson, Megyn KellyCandace Owens et Alex Jones, les accusant sans preuve de « trouver formidable » que l’Iran dispose de l’arme nucléaire. Il avait conseillé à Carlson de « consulter un psychiatre » et raillé son départ de Fox News.

Les réactions des autres visés ont été plus tranchantes. Owens a publié une capture du message présidentiel sur X avec la phrase : « Il est peut-être temps de mettre Papi en maison de retraite. » Jones a qualifié Trump de « supervillain » sur son antenne.

Un sondage YouGov réalisé pour The Economist indique que 22 % des électeurs ayant voté Trump en 2024 désapprouvent la guerre en Iran — une donnée qui confère à ces dissidences conservatrices un poids politique réel à moins de deux ans des élections de mi-mandat.

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