Le chef de la diplomatie togolaise, Robert Dussey, a publiquement répondu au président burkinabè Ibrahim Traoré, jeudi 3 avril 2026, après que ce dernier eut qualifié le Togo de « pays frère » lors d’une interview accordée à la presse nationale et internationale à Ouagadougou.
Dans un message posté sur le réseau social X, Dussey a adressé ses remerciements au chef de l’État burkinabè : « Merci Mr le Président NO COMMENT… NO COMMENT ». Cette réaction intervient au lendemain des déclarations de Traoré à l’occasion du premier anniversaire de la Révolution Progressiste Populaire (RPP).
Traoré salue une coopération « au-delà de ce qu’on peut imaginer »
Le 2 avril 2026, depuis le palais présidentiel de Koulouba, Traoré a consacré une partie de son entretien de plus de deux heures aux relations entre le Burkina Faso et le Togo. Le président burkinabè a décrit une coopération militaire opérationnelle à un niveau inhabituel : les autorisations de franchissement des frontières entre les deux armées ne remontent plus aux chefs d’État, mais sont traitées directement entre commandements locaux, y compris au niveau des écoles militaires. Traoré a également évoqué un soutien togolais sur le plan économique, notamment via le corridor maritime, jugé stratégique pour un pays enclavé comme le Burkina Faso.
L’affaire Damiba en toile de fond
Les propos de Traoré s’appuient sur un épisode concret : l’extradition de l’ancien président Paul-Henri Sandaogo Damiba, renversé en septembre 2022 et réfugié depuis à Lomé. Après la révélation d’une tentative de coup d’État déjouée le 3 janvier 2026, Ouagadougou a formulé une demande d’extradition le 12 janvier. Damiba a été interpellé à Lomé le 16 janvier et remis aux autorités burkinabè dès le lendemain. Il est actuellement en détention au Burkina Faso, où il fait face à des accusations de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite, de corruption et d’implication dans plusieurs tentatives de déstabilisation.
Traoré a précisé lors de l’interview qu’il n’a pas rencontré l’ancien chef de l’État depuis son retour sur le territoire burkinabè, ajoutant que ce dernier « répond de ses actes devant la justice ». L’instruction de son dossier judiciaire est en cours.



