La Banque de France a annoncé le 24 mars 2026 avoir achevé le remplacement de 129 tonnes d’or conservées depuis des années dans les coffres de la Réserve fédérale américaine à New York. Ces lingots, jugés non conformes aux standards internationaux actuels, ont été vendus sur place, et un volume équivalent d’or aux normes a été racheté en Europe et rapatrié à Paris. L’opération, conduite en 26 étapes entre juillet 2025 et janvier 2026, a dégagé une plus-value comptable de 12,8 milliards d’euros.
Vendre à New York, racheter en Europe
Le problème posé par ce stock américain était technique : ces lingots anciens ne répondaient pas au standard LBMA(London Bullion Market Association), qui exige un taux de pureté de 99,99 %. Les transporter physiquement jusqu’en France aurait représenté un coût logistique prohibitif, et les faire fondre sur place n’était pas envisagé. La Banque de France a donc opté pour une solution d’arbitrage : céder ces barres à New York au cours du marché, puis acquérir en Europe des lingots conformes aux normes actuelles. Les nouveaux stocks sont désormais entreposés à La Souterraine, le complexe souterrain situé à 27 mètres de profondeur sous l’Hôtel de Toulouse, dans le 1er arrondissement de Paris.
Une plus-value de 12,8 milliards d’euros sur deux exercices
La flambée du cours de l’or durant la période des transactions explique l’ampleur du gain enregistré. La Banque de France a comptabilisé 11 milliards d’euros de plus-value sur l’exercice 2025, et 1,8 milliard sur les premiers mois de 2026. Ce résultat exceptionnel a permis à l’institution d’afficher un bénéfice net de 8,1 milliards d’euros pour 2025, après une perte de 7,7 milliards l’année précédente. Le gouverneur François Villeroy de Galhau a précisé que l’opération répondait à « des considérations techniques et de liquidité », écartant toute lecture politique du dossier. Le volume total des réserves françaises reste inchangé à environ 2 437 tonnes, plaçant la France au quatrième rang mondial derrière les États-Unis, l’Allemagne et l’Italie.
La Banque de France détient encore 134 tonnes d’or à remettre aux normes LBMA, conservées à Paris sous forme de lingots anciens et de pièces. L’institution a fixé l’achèvement de cette seconde phase de modernisation à 2028.
